Lettre du i5 juillet
« la saison est belle ». Et il y a une copie destinée aux premiers gentilshommes de la Chambre « qui servira d 'original aux portraits du roi qu’ils sont dans l’usage de donner1. »
Comme on ne s’est pas mis immédiatement d’accord sur les prix, il se produit, entre la Direction des Bâtiments et son peintre, un marchandage dont Pierre est prié de s’occuper. Avant de fixer son chiffre, Duplessis a pris des informations : « Feu Michel Van Loo, à ce que m’a dit Mmc Berger, sa sœur, écrit-il, a été payé six mille livres de toutes les copies de pareille grandeur qu’il a faites du portrait de Louis XV ; mais M. Van Loo n’y avait point mis de prix; il s’en était rapporté à ce que ferait M. le marquis de Marigny ; si je n’avais pas cet exemple, je le donnerais avec d’autant plus de plaisir et de confiance que je remets mes intérêts entre les mains d’un ministre amateur des arts et protecteur des artistes, dont j’ai déjà reçu tant de preuves de bonté2. »
Pierre expose, dans un rapport du 2 février 1776, le résultat de sa négociation, dans des termes qui font allusion à des faits ignorés, et qui montrent les ménagements dont usait le Directeur de l’Académie envers la chèvre et le chou :
Monsieur le Comte,
J’ay attendu le mémoire du sculpteur, et je le reçus hier ; ainsy, j’auray l’honneur de vous l’adresser dans le courant de cette semaine, avec celuy de M. Duplessis. Ce dernier m’a dit, lorsque je luy ay apporté des honoraires qu’il demandoit, que vos arrangemens étoient changés sur les copies dont il devoit être chargé ; d’abord en total, il s’en étoit tenu à vos derniers ordres : que vous l’aviés prévenu qu’il ne feroit doresnavant que des copies de marque ; qu’en conséquence, celle qui est destinée au rajah de Carnatic étoit totalement de sa main, le copiste n’ayant fait que préparer ; que, sans vouloir fixer le prix à 6000 liv. , il ne s’étoit fondé que sur les renseignemens de Mme Berger qui l’avoit assuré que feu son frère avoit été payé 6 000 liv., de