‹ J.-S. Duplessis, peintre du roi, 1725-1802Chapitre 59 sur 134 · Messieurs, ami de tout le monde, p. i · texte numérisé non relu

Messieurs, ami de tout le monde, p. i

vigueur de coloris, plus de vérité, plus d intelligence dans le caractère de tête et dans l’art de rendre des étoiles. Qui n’est point frappé dans ces deux grands tableaux de la ressemblance parfaite de M. et Mme Necker P »

Aujourd’hui encore, les visiteurs du château de Coppet, où les originaux des deux portraits, séparés par celui que le baron Gérard fit de Mme de Staël, ornent un Salon, sont frappés de la franchise de ces figures auxquelles Duplessis a donné la vie immortelle des cbefsd œuvre. M. Ed. Kod, dans ses Souvenirs, insiste sur le portrait de M“e Necker, qui lui paraît admirable : « La beauté, écrit-il, a disparu de ce visage fané; il a conservé beaucoup de charme. 11 est d’une douceur infinie, un peu triste, sans amertume, animé par un sourire amical et désabusé. »

Je n'ajouterai rien à celte appréciation.

Au Salon de 1786, encore plusieurs envois sous le même numéro.

On remarque, en outre d’un grand portrait de femme inconnue, mal placé entre une toile de Roslin assez noire et une toile ardente de Mme Vigée-Lebrun, ceux de Chabanon, de Ducis l'Américain' , et celui de Vien, qui avait été commandé à l'artiste quatorze ans auparavant pour sa réception à l'Académie et dont il n’avait pu s’acquitter, à cause du départ pour Rome de ce peintre. Il y a aussi celui de Lassone, qui est demeuré le médecin de Marie-Antoinette après avoir été celui de Marie Leczinska.

La critique est toujours favorable à Duplessis, non sans lui adresser quelques reproches mêlés à de vifs éloges.

Le Mercure dit que, malgré leur air de vérité, ces portraits « ont le

1. On a confondu ce personnage avec le poète Jean-François Ducis, dont le portrait fut peint aussi par Duplessis et exposé en 1777. Il s’agit de l’un de ses frères, procureur au siège royal de Saint-Louis, à Saint-Domingue, d’où lui vint ce surnom d'américain, selon un usage, assez répandu, d’appeler les gens du nom des pays qu’ils ont habités.

Gazette des Beaux-Arts

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