‹ J.-S. Duplessis, peintre du roi, 1725-1802Chapitre 61 sur 134 · Minos au Sallon ou la Gazette infernale, p. i · texte numérisé non relu

Minos au Sallon ou la Gazette infernale, p. i

d’avoir en général dans ses portraits un ton gris et dans ses demi-teintes un ton taux ; mais ces défauts sont rachetés par beaucoup de vérité et une grande ressemblance1. »

Enfin le Mercure de France porte le dernier coup à cette toile : « C’est avec regret, écrit-il, qu’à l’aspect du portrait de M. Vien, nous nous sommes rappelés celui de M. Allegrain par le même auteur. Personne mieux que M. Duplessis ne peut juger de lextrême différence de ces tableaux. »

Deux écrivains seulement ne font pas chorus avec les autres critiques; ce sont les auteurs de la Troisième promenade de Critès au Sallon et du Peintre anglais au Sal/on de peintures ; celui-ci cite les portraits de Ducis et de Vieil « très bien rendus, d'une belle couleur et qui font beaucoup d’honneur à l’artiste ».

Ce sont ces derniers qui ont raison. Quelle sotte querelle fait à Duplessis le Journal de Paris à propos de l’ordre de Saint-Michel! Non, Vien ne le porte pas, car il est vêtu d une robe de chambre ou d’un costume de travail de nuance fraise2 : il est assis devant sa toile, et il cesse de peindre pour servir lui-même de modèle; il regarde son œuvre et il s’est placé commodément dans un fauteuil. Jamais attitude ne fut plus simple ; sa main droite tient le pinceau et elle est vraiment jolie et modelée; sa main gauche, appuyée sur la cuisse, maintient sa palette garnie de couleurs qu’on peut compter. Ce portrait en rose d’un homme qui est septuagénaire, est si discret de ton, si souple et si naturel en un mot: toute la tête est si solide, si vivante et empreinte de finesse que nous le mettons au rang des meilleurs qui soient de Duplessis.

Est-ce ce portrait ou celui que fit Roslin qui orna le salon où lui

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