Journal de Paris, 12 septembre
2. Si l’écrivain du Journal de Paris avait vu le portrait qu’Aved a fait du peintre de Troy, représenté dans une toilette de gala, habit de satin blanc, avec le grand cordon de l’ordre sur son habit, pinceau et palette à la main, il aurait jugé cette pose assez théâtrale. Les Mémoires secrets prennent la défense de Duplessis. Ç’aurait été prêter à Vien, disent-ils, une vanité assez ridicule, que de le barder de ce cordon dans son déshabillé.
LES SALONS DE i 7 8 3 , i 785, 1789, 1801
fut donnée la fête de l’an IX, en qualité de « restaurateur de l’Ecole française? » Le compte rendu du Moniteur ne le dit pas. Tous les deux sont au musée du Louvre, et l’on peut les comparer1. M. Roujon a rappelé que Vien est le seul peintre inhumé au Panthéon. Il veut qu’on ait accordé cette sépulture comme on donne « un prix de persévérance, un dernier avancement » à l’artiste lauréat « qui, de récompense en récompense, de décoration en décoration, arrive patiemment, correctement, tout doucement à l’apothéose 2 ».
En 1787, Duplessis ne fait aucun envoi au Salon. La maladie le retient à la chambre pendant la plus grande partie de l’année. L’état de sa vue ne lui permet pas de travailler. Malgré l’interdiction de son médecin, il sort pour assister à l’ouverture du Salon, et une rechute de deux mois s’ensuit. La perte de ses économies, les démarches auxquelles il se livre, les mémoires qu’il écrit et répand en plusieurs copies, ont absorbé son temps l’année précédente et il n’a rien de prêt.
Deux ans plus tard, il expose sous le même numéro plusieurs portraits, mais nous ne savons rien sur eux. Les comptes rendus, en ce qui le concerne, sont secs et brefs. « La réputation de M. Duplessis est faite3 », dit l un d’eux, et c’est tout. La carrière du peintre est terminée; il ne donnera plus rien, sauf, en l’an IX, une réplique du portrait de Franklin.
Ce qu’on lui attribue, d’après les livrets, doit provenir d homonymes divers, à partir de 1791, où les Salons deviennent libres. Le Triomphe de Voltaire n’est certes pas de cet artiste de talent, car il fait dire à un brochurier : « M. Duplessis? Le Triomphe de Voltaire
1. Le portrait de Vien par Roslin fut exposé au Salon de 1757.