Archives nationales, O1 1918, pl. 3, n
□ . Archives nationales, O1 1918, pl. 4, n° 454-
nous apparaît comme un homme préoccupé de ses intérêts et qui entend les défendre malgré une certaine inexpérience. Il est vrai que, pendant qu’il est encore jeune ou dans l’âge mûr et qu’il travaille, nous n’entendons pas parler de ses besoins. Mais plus tard, quand il approche de la vieillesse, que les commandes se font rares d'abord, puis cessent tout à fait avec la protection que la l'eine accorde à Mme Vigée Lebrun, avec l’engouement qu’on a pour le joli de ses portraits’, quand l’oubli commence à se faire sur ce vieux peintre, sourd, près de perdre la vue, qui n’est jamais satisfait de sa peinture et qui n’en finit pas avec le modèle, Duplessis, ruiné d’ailleurs, ayant perdu toutes ses économies dans une banqueroute princière, se voyant sans ouvrage et sans ressources, est épouvanté de l'avenir de misère qui paraît l’attendre — encore ne peut-il prévoir la Révolution — et ses sollicitations prennent un ton désespéré.
Il n’a pas eu de chance en vérité. Il n'a tiré aucune illustration d’avoir peint le roi, ni ruban, ni titre, ni beaucoup d argent. Sa pension est modeste et des artistes qui ne le valent pas ont des sommes supérieures à i 200 livres. Les 4i 800 livres payées par la Direction des Bâtiments représentent cinq ans de travail assidu et fastidieux ; il a fallu rétribuer les copistes et il n’a pas gardé grand’ chose de ce petit capital. Au surplus, il est victime d’un vol avec effraction. Le 7 février 1777, Pierre avise le Directeur que des voleurs se sont introduits dans le logement de Duplessis au Louvre, par la terrasse, ont forcé son secrétaire, brûlé son coffre-fort, dont on a trouvé les serrures dans le foyer : ils lui ont pris une montre, quelques effets et le peu de numéraire qu’il avait en réserve. Il lui reste douze francs. A ce moment,
1 . Mon talent pourrait bien ne pas me nourrir toujours ; le temps viendrait que je serais négligé du public qui oublie souvent les vieux pour les jeunes gens qui montrent des talents, et ce temps parait être déjà venu puisqu’à l'époque où j’écris il y a onze mois que le plus petit ouvrage ne m'a été demandé. J’y dis (dans un premier mémoire) que quand même le public voudrait bien m’occuper, il faudrait que le ciel me conservât mes facultés. Mon père est mort aveugle, ma mère l’est depuis plusieurs années : c’est un redoutable préjugé contre moi, qui doit me faire trembler pour l’avenir.
Duplessis à d’Angiviller, 1 3 juillet 1786.