L ACADÉMICIEN. LES POLEMIQUES DE DUPLESSIS
Duplessis avait été agréé par l’Académie le 29 juillet 17696t. nous l’avons dit, le Directeur lui avait ordonné, le 6 avril 1771, le portrait de Yien et d’Allegrain, pour ses ouvrages de réception. Voici les mentions du procès-verbal à cet égard :
Du Samedi 3o juillet 1774.
Demande de M. Duplessis accordée. — Le Secrétaire a fait lecture d’une lettre adressée à la Compagnie par M. Duplessis Peintre, Agréé, dans laquelle il lui expose les obstacles qui n’ont pas dépendu de lui, et qui se sont opposés au désir qu’il avoit d’achever promptement les portraicts de M. Vien et de M. Allegrain, qui lui ont été ordonnés pour sa réception. Il demande si l’ Académie veut bien lui faire la grâce de le recevoir sur le seul portraict de M. Allegrain, qui est achevé, promettant d’achever de remplir ses engagements.
L’Académie, après avoir pris les voix, a arrêté que, sans tirer à conséquence pour aucun autre cas semblable à l’avenir, elle procédera à la réception de M. Duplessis sur le seul portraict de M. Allegrain, ne doutant aucunement de sa fidélité à remplir sa promesse.
Peu de jours après, son admission définitive qui avait été saluée par les compliments de Diderot, dès 1771, était prononcée.
Aujourd’huy, Samedi 6 Aoust [177/1], l’Académie s’est assemblée pour les Conférences.
Réception de M. Duplessis. — Le Sr Joseph Sifred Do Plessis, né à Carpentras, Peintre de Portraicts, agréé le 29 Juillet 1769, ayant présenté le portraict de M. Allegrain, Professeur, l’un de ceux qui lui ont été ordonnés pour sa réception, ainsi qu’il a été arrêté dans l’assemblée précédente, les voix prises à l’ordinaire, l’Académie a reçu et reçoit le Sr Duplessis Académicien, pour avoir séance dans ses assemblées et jouir des privilèges1, prérogatives et honneurs attribués à cette qualité, à la charge d’observer les Statuts et réglemens de l’Académie, ce qu’il a promis en prêtant serment entre les mains deM. Pierre, Premier Peintre du Roy et Directeur de l’Académie.
A la mort de Chardin, c’est Duplessis qui le remplaça comme conseiller, et le roi autorisa, le 3o janvier 1780, son élection qui avait eu lieu le 8 du même mois.
Il remplit consciencieusement ses devoirs, assiste aux séances avec assiduité, fait partie des commissions d’examen des comptes, de jugement des concours, d’étude des couleurs soumises à l’Académie et, dans ce cas, signe le rapport le premier, ce qui donne à penser qu'il l’a rédigé ; il présente à ses collègues Piat-Joseph Sauvage, peintre de natures mortes, Vestier, peintre de portraits, et Dumont, peintre en miniature, qui sont admis. Parfois, il fait des réserves sur les délibérations et signe le procès-verbal comme assistant et non comme adhérent ; en somme, c’est un rôle modeste qu’il remplit et on doit l'attribuer à sa surdité qui ne lui permet pas de prendre part aux débats.
Il ne s’en désintéresse point toutefois, et lorsque l'agitation fomentée par David contre l'Académie commence à s’étendre, Duplessis se jette dans la discussion et écrit deux lettres et un mémoire, qui nous ont été conservés en manuscrits dans la précieuse collection de