‹ J. SulkowskiChapitre 13 sur 88 · LIVRE PREMIER. J · texte numérisé non relu

LIVRE PREMIER. J

d’attention qui le caractérisait, rendaient promptes et faciles les études qui lui manquaient. Ou réussit merveilleusement aux choses pour lesquelles on a de l’attrait. Cédant à ces réflexions présentées avec la justesse et l’ascendant d’un excellent esprit, le prince promit un professeur de mathémathiques à son neveu. Le maître était trouvé; ce fut Sokolnicki.

Les sciences auxquelles on doit des résultats qui sont des vérités, donnent promptement de grandes jouissances à ceux qui les cultivent. Chaque preuve des choses cherchées est égale au bonheur d’une découverte. Il n’est pas rare de voir ceux meme que l’étude des sciences mathématiques avait quelquefois rebutés dans le commencement, bientôt captivés par elles, quand ils s’y avancent. Ainsi , chez J. Sulkowski, ce qui avait commencé par être un goût, devint aussitôt une passion, et les progrès qu’elle accéléra , ne tardèrent pas à justifler l’opinion de Sokolnicki dans sa défense des sciences exactes. Le prince ne pouvait tarder à voir venir des fruits vraiment précoces , si l’on peut se permettre cette comparaison , sur le jeune arbre dont il n’avait voulu attendre que des fleurs.

Projetant d’ouvrir dans une campagne voisine un canal d’écoulement , le prince se plaignait un jour des entrepreneurs qui demandaient quatre ans pour une opération qu’ils ne voulaient meme commencer que dans six mois, à cause de l’hiver; il trouvait d’ailleurs exorbitant le devis présenté.

.Chacun avait donné son opinion avec la flatterie arrangée pour plaire au prince , chez lequel on dînait. Siilkowski qui venait d’entendre tout le monde , parait ici trouver à son appui toutes les connaissances acquises avec son ami^ et étendues dans leurs entretiens sur la fouille des terres , re*lativement aux travaux de fortifications ; on eût cru qu’en ce moment un véritable enfantement venait de se préparer dans cette jeune tête, apres un instant de méditation , mais d’un air peu important : « Il jK)urrait paraître étonnant, dit-il , » qu’on soit embarrassé d’exécuter durant l’hiver » les travaux dont il est question. La gelée ne per- » met-elle pas d’enlever des masses de terre comme » on enlève des blocs de pierre dans les carrièi'es ? » D’un autre côté , l’usage des traineaux sur lu » neige facilitant en hiver les transports avec un » avantage bien supérieur à celui qu’on obtient I) par le moyen des chars ou des brouettes, ne » doit-il pas en résulter une plus grande écono- » mie de temps , de bras et de tout pour la con- » fection de l’ouvrage , et une économie bien plus » précieuse eucore pour la force et la santé des » ouvriers, que les grandes chaleurs de l’été et » l’humidité de l’automne ne manquent jamais » d’altérer très-prompternent. »

On avait peu écoulé le discours de celui qu’on regardait comme un enfant. Sokolnicki vient au secours de son jeune élève ; il soutient que son idée est aussi juste que simple et facile à exécuter.

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