‹ J. SulkowskiChapitre 17 sur 88 · LIVRE PREMIER · texte numérisé non relu

LIVRE PREMIER

instruction militaire; elle était déjà prodigieuse^ elle embrassait toutes les connaissances.

Doué d'une grande facilité pour apprendre les langues, Sulkowski avait su bientôt FÀnglais, FAI* lemand, Fltalien, le Français; il avait commencé Fétude du Turc, de FHébreu même. En voyant cette aptitude particulière que paraissent avoir les hommes du nord, surtout les Polonais, à retenir beaucoup d'idiômes divers , on doit mettre quelqu’inlérêtà en chercher la raison. Si Fon considère la langue polonaise en elle-même, comme primitive, comme mère, on la trouve absolument séparée de toutes celles qui ne sont pas proprement dérivées de laSlavonne (telles que la Russe, la Bohémienne, la Morave, la Luzacieone, la Silésienne, la Dalmate.) Le défaut de communication des peuples qui parlent ces langues, avec les autres peuples de FEurope, peut les avoir préservés de ces altélations étrangères qui deviennent des dialectes. Ce fait, dira-t-on, ne donne point la solution du principe que nous e^mminons; il en pourrait donner une contraire. La langue polonaise, d’ailleurs, ne présente point un arrangement de mots aussi borné, une construction aussi sévère que quelques autres langues modernes, notamment la langue française; la langue polonaise n’a pas , en quelque sorte , de syntaxe. Ce point de départ des Polonais, pour entrer dans la langue des autres nations , est-il la raison de leur plus grande facilité à les apprendre? Quant à la pu-

l'été de pix>iionciation , qui distingue les Polonai*$ dans toute langue qui leur est le plus étrangère,' cette pureté serait-elle dans la rigueur de la prononciation à laquelle les soumet leur propre langue ? Celle-ci réunit dans un mot la plus grande quantité imaginable de consonnes qui semblent plus qu’inutiles, à coté des voyelles qui les accompagnent. Mais la bonne prononciation polonaise ne fait grâce d’aucune de ces ccmsonnes; elle les fait meme toutes entendre sans aucune exception. On sent qu’ai nsi préparés, rompus par de pareilles habitudes, les Polonais se trouvent tout disposés à de moindres efforts; et ce qui serait pénible pour d'autres, devient l’apprentissage le plus facile pour ceux qui ont, presqu’en naissant,commencéà vaincre toutes les difficultés de Toigane vocal. Ajoutons à ces raisons fondées sur fanalyse, celle que donne la connaissance des premiers procédés de Féducation des Polonais. Cliez eux, Ton ajq>renait plusieurs langues aux eniàns dès le berceau. Sulko»*ski, avançant en âge, avait suivi cette première disposition; il était devenu un véritable PoK^iïlotte,

Otto pnunptitude à retenir des mots n’avait fait aucun tort au jugement de Sulkovrski : c’est que déjà It's mots lui traient offerts comme les signes d’idtH's à sa porttx'. En accompagnant Fapprentissagt' dos langties des procédés rationnels, leur etude même ta plus di>ersifit^ ne peut nuire

à Fenleudi^nent ; eJie doit v contribuer,

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