‹ J. SulkowskiChapitre 19 sur 88 · LIVRE SECOND · texte numérisé non relu

LIVRE SECOND

Constitution du 3 mai 1791. — Dernier cri d’un citoyen Polonais. Opinion de J.-J. Rousseau. — L’t^lection et l’hërëditë. — Esprit de la coustitutîon du 3 mai. •— Mouvement des puissances. — Situation de la Pologne. — Sulkowski en Lithuanie. Stanislas Poniatowski. : — Su-lkowski à l’arant-garde. — Rivière de Zelwa.

— Reconnaissance. — Le ge'nëral Wedelstet. — Mission qu’il donne à Sulkowski. — Intrépidité de ce dernier. — • La croix militaire dite Virtuti- Militari. — Modestie de Çulkowski , cours de Castramétation^ — Manuel de Sokolnicki. — Mokronoski ; Kosciuszko, etc. — Reconfédération ou complot de Targowiça 179a.

— Les défenseurs de Stanislas. — Lâchété du Monarque. — Malheurs de la Pologne. — Sulkowski part pour la France. — Ce qu’il y vient chercher. — Bonaparte et le conventionel Aubry.

— Détermination de Sulkowski. Son ambition. — 11 apprend

l’arabe. — Le comité de Salut-publio. — Attaché à l’ambassade de Constantinople. — Sulkowski quitte Paris. ^ Journée du 3 i mai 1793. — Passage en France et en Italie. — Ce qui se passait en Pologne. — Stanislas. — Félix Potocki. — Sa chûte. — Trahison de Stanislas Auguste. >

Tout ce qui se passait en Pologne tournait inévitablement à la guerre. Le conseil permanent était écroulé; le joug de la Russie était secoué, une constitution proclamée (c’était la constitution du 3 mai 1791.) Cette constitution, en rompant les liens dont les Russes avaient garotté la Pologne depuis 1775, devait faire aussitôt redouter leur invasion. Et cependant cette meme constitution était loin de contenter les vœux des patriotes polonais. Sulkowski, si jeune encore, parai» au

J. SULKOWSKl.

premier rang de ceux qu’elle avait le moins satisfaits. Dans un ouvrage plein de chaleur, qu’il intitula : Le dernier Cri d*un citojren polonais^ il rendit compte de la journée du 3 mai y et développa son sentiment sur la nouvelle constitution. Un vers de Vii^ile qu’il prit pour épigraphe de son ouvrage, montre l’état de son ame dans ce moment :

Obstiipui, steteruntque comce , et faucibus hœsit.

( Virg. , Ænéid. )

L’étonnement et l’indignation ne parurent point cependant l’avoir laissé sans voix. « Que n’ai-je la » plume de Tacite, s’écrie-t-il dans son exorde, » pour dérouler les trames secrètes ourdies contre » ma patrie, pour peindre le caractère odieux de » ces hommes , qui d’un sang-froid aristocratique » viennent d’anéantir la Pologne! !! »

Dans la circonstance où se trouvait la Pologne, enveloppée des oppresseurs qui aspiraient à la dévorer, on ne devait avoir d’autre objet, disait Sulkowski, que d’augmenter et d’oi^aniser la force militaire de l’État; de fixer tous les pouvoirs, depuis si long-tems sortis de leurs limites; de donner à l’Europe l’idée de l’établissement d’une liberté raisonnable, et capable de se défendre vigoureusement contre toutes les attaques. En prétextant de vouloir atteindre ce but, ne prit-on pas une route tout-à-fait contraire? On accorda au Roi une puissance extrême, le droit de nommej à tou-

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