LIVRE PREMIER
Premiers temps historiques de la Pologne. — Son origine. — Son dc'- Tation. — Sa decadence. — Sobieski. — Auguste II. — Milices nationales abolies , remplacées par des troupes réglées. — Pierre I**". Catherine II. — Le prince Rcpnine — • Courage des Sénateurs Polonais. — Stanislas Poniatowski. — Premier partage de la Pologne en 177a.— Naissance de Joseph Sulkowski. — Son oncle Auguste , prince Sulkowski. — Caractère de ce prince. — Education de Joseph. — Voyages en France ^ Versailles ; Marie-Antoinette. — Sentimens généreux de Sulkowski. — Petite cour du prince Auguste. — Noblesse indigente. — Ecole militaire dite des Cadets deWarsovie. — Adam, prince Czar-
toryski. — Réserre de Joseph. — Ses réponses, — Scs études.
Michel Sokolnicki. — Canal important. — Discussion piquante à ce sujet. — 1786, retour en Pologne. — Ce qu’était alors ce pays. 1787 , premier grade de Sulkowski. — Son goût pour les armes, — Portrait du prince Auguste. — 1788, fameuse Diète Constituante, •— Le lithuanien Korsak. — Mort du prince Auguste. — Sulkowski , capitaine. — Sulkowski polyglotte, — Ses essais.
Des écrivains, qu’on ne peut pas plus accuser de pécher par la brièveté que par le défaut d’érudition, ont donné des détails suffisans sur les origines de la Pologne, sur l’étendue de ses fron-
tières, sur sa population. On croit superflu cl ajouter à ces détails : il ne l’est pas de montrer encore comment un Etat dont la Prusse releva autrefois, qui dicta, il y a un siècle et demi, des lois à la Russie, qui sauva la maison d’Autriche des mains des Ottomans; comment cet État, disje, est devenu la proie de ces trois puissances?
Parmi les auteurs qui se piquent plutôt d’assigner les causes des événemens, qu’ils ne s’occupent de les découvrir, quelques-uns ont voulu voir le principe de la ruine de la Pologne dans l’anéantissement de ses deux dynasties héréditaires, et dans l’afiaiblissement que le trône, lors de l’extinction de la famille des Jagellons, avait éprouvé par les concessions qui lui furent successivement arrachées. Cette opinion n’est pas celle dont l’examen des faits puisse convaincre d’une manière absolue.Loin de montrer que la couronne ait péri faute d’hérédité royale, les faits pourraient donner une cause differente de ce déplorable événement. Ils prouveraient que c’est faute d’esprit public, qu’un si bel État s’est perdu. On entend esprit le sentiment d’une
patrie , et par une patrie, l’on n’entend pas une terre muette, inanimée, même richement végétale, placée sur tel point du globe; mais l’existence morale des hommes qui habitent cette terre, le bonheur résultant de la sûreté qu’ils s’y sont créée, arrangée, le sentiment en un mot de cette situation que tous sont intéressés à défendre, par-