‹ J. SulkowskiChapitre 23 sur 88 · LIVRE SECOND · texte numérisé non relu

LIVRE SECOND

par la tolérance, par la liberté meme des divers cultes, commence expressément par proclamer dominante la religion catholique. Le grand nombre de ceux qui la professent, leur influence fournissaient la raison (Vétat qui motiva leur domination. Or, peut-il y avoir jamais liberté , ou du moins tolérance de cultes diflerens, là où domine une religion et surtout la religion catholique ?

Ce blâme de la constitution du Zmaij prononcé peut-être avec un peu de violence par Sulkowski, pouvait se ressentir de l’ardeur de sa jeunesse, et n’étre pas sans appel à sa maturité ultérieure. Il est certain que cette constitution était au moins un commencement d’amélioration, qui permettait l’espoir d’autres progrès; il est certain qu’elle parut alors réunir une grande majorité dans la nation polonaise, et qu’elle eut pour principaux adversaires la partie très-peu nombreuse , mais encore malheureusement trop influente des aristocrates. polonais, vendus aux Russes et appuyés par leur baïonnettes.

Mais, cette constitution du 3 mai eût-elle été un chef-d’œuvre, eût-elle égalé les lumières du siècle au moment où elle paraissait, elle ne répondait pas à la question si pressante qui avait été posée dans la Diète par le vertueux Korsak : Des hommes et de V argent. Les juges les plus doux du code du 3 mai 1791, répètent avec Sulkowski qu’il devait être précédé ou tout au moins immédiatement suivi du déploiement de toutes les ressources mili-

f aires de la Pologne contre les ennemis de son tn^ dépendance.

Or, dès 1791, les mouveraens des puissances qui environnent la Pologne, présentèrent un aspect effrayant. Le Roi de Prusse tout-à-l’heure berçait les Polonais de la chimère d’tine alliance stable, et les traitait comme un peuple qu’il affectait de croire déjà puissant, pour les empêcher de le devenir : maintenant, il demandait une portion de la Pologne pour prix de la neutralité qu’il avait bien voulu garder, pendant qu’elle s’occupait de ses affaires. La guerre des Russes contre les Turcs touchait à sa fin , et Catherine menaçait de tout le poids de son indignation et de ses armées l’infortunée Pologne.

Et quelle était la situation de la Pologne^en ce moment ? La Turquie ne voulait plus d’alliance avec elle ; la Hollande en même temps refusait

l’aident qu’elle avait promis tous les cordages

d’espérance étaient rompus à la fois ; et Sulkowski voyait le vaisseau de sa patrie prêt à être englouti 'dans les abîmes. Quant à lui, lorsque l’étranger se dispose à envahir son pays, ce n’est plus le moment de parler ou d’écrire contre ce qui avait été fait , ou pour ce que Ton aurait dû faire : c’est le moment de combattre. Il n’était encore que capitaine dans le régiment des chasseurs, il lui était facile d’en être bientôt le colonel : le nom de son oncle et ses alliances^ comme on dit dans la langue aulique, lui permettaient tout avancement.

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