‹ J. SulkowskiChapitre 25 sur 88 · LIVRE SECOND. G · texte numérisé non relu

LIVRE SECOND. G

et étourdie fiU réduite ii rinipiiissance de parer le coup cpii devait l’abattre.

La direction de la guerre étant livrée à l’incapacité, l’armée de'Lithuanie dénuée de tout eut ordre de livrer bataille : à peine dix pièces de canons du plus faible calibre du côté des tjolonais contre soixante pièces qu’avaient les Russes. Avec cette infériorité de moyens matériels , l’armée polonaise n’avait pas de point de réunion ; elle fît une retraite de cinquante lieues sans voir l’ennemi, jusqu’à Mir, petite ville, située entre Nieswiez et Minsk. C’est là qu’elle fut atteinte par de fortès colonnes moskovites; et alors, soit infériorité du nombre , soit incapacité du général qui la commandait , elle fut battue , et se retira presqu’en désordre sur différons points du Niémen. C’est dans ce moment que le général Zabiello vint remplacer le prince de Wurtemberg, dont la défection paraissait cause de la triste position de l’armée polonaise. Ce nouveau généml chercha à rallier à Grodno tous les corps épars de l’armée, ordonna à la hâte la construction d’un pont sur le Niémen.

L’armée fut très-heureuse de trouver ce pont sous Grodno, qui venait d’étre construit par l’ingénieur Sokolnicki , ce mathématicien qu’on se rappelle être l’ancien maître et amideSulkowski. Séparés depuis longtemps par la destinée tout en suivant la meme carrière , les deux amis se rencontrèrent à ce pontsauveur, que Sulkowski passa

Tun des premiers. Préparés depuis longtemps aux combats par leurs travaux théoriques , les voilà réunis sur le terrain de l’application ; ils vont commencer à conquérir la gloire ^ unique but de leur vie.

Le pont de Grodno passé, et l’armée ralliée, le général en chef prit la résolution d’aller combattre une colonne russe qui s’avançait par Slonim^ sous les ordres du général Fersen, Sulkowski fut placé à l’avant-garde commandée par le général fVedelstedly qui atteignit l’ennemi à Zelwa. Les deux armées étant en présence, un orage violent empêcha la manœuvre de l’artillerie. Sokolnicki fut chargé de reconnaître l’ennemi , et Sulkowski de soutenir cette reconnaissance. Au passage d’un gué sur la rivière de la Zelwa défendu par un fort piquet et par une batterie russe, Sulkowski, brûlant du désir de se distinguer, sut avec autant d’habileté que d’intrépidité débusquer l’ennemi dans une seule attaque.

Mais la marche d’autres colonnes moscovites^ particulièrement celles venues de Wilna, s’avançant avec trop de rapidité, et pouvant couper la retraite à l’armée sous Varsovie, le général en chef, sans livrer bataille, ordonna la retraite. Pour prot^r èette retraite, le général JVedelstedt commandant l’avant-garde en détacha Sulkowski , le chai^ea de défendre le pont de la Zelwa ^ où il cragnailque les Russes ne voulussent passer; mais ne croyant pas qu’ils y vinssent en grand nombre, il

Page 1