‹ J. SulkowskiChapitre 27 sur 88 · LIVRE SECOND · texte numérisé non relu

LIVRE SECOND

lilucle de son esprit, à son tact particulier pour juger les terrains, et pour tirer des renseignemens des habitans du pays. C’est aux ressources fécondes et variées desonjeuneami,que Sokol n icki a déclaré encore devoir les idées qui lui out servi depuis à donner plus d’extension au Manuel qu’il a composé pour les militaires chargés des reconnaissances. - L’armée de la Couronne, un peu moins mal pourvue que celle de Lithuanie, reçut des ordres si contraires que, dans l’incertitude d’un plan suivi , on n’entreprit qu’une retraite ménagée. Le prince Joseph Poniatowski, le général Slanislas Mokronoski sous Zielence, Kosciuszko sous Dubienka^ et Zahiello sous Krzemieniec , donnèrent .sans doute les preuves les moins équivoques de la force des Polonais quand on les conduit avec sincérité, et de la possibilité de vaincre les Russes, quand on les attaque assez vigoureusement pour les rompre. Ces belles actions furent sans résultats; le sang le plus généreux coula en pure perte. Stanislas, jugeant que les Russes étaient suffisamment avancés, crut le moment venu de faire tout-à-fait volte-face aux Polonais; et, pendant que ceux-ci aspiraient après l’instant de se mesurer d’une manière décisive avec un ennemi qui , malgré la supériorité du nombre , n’avait pu jusqu’alors les entamer, la paix fut conclue, et la reconfédérat ion, ou plutôt l’infâme complot de Targowiva , signé pai' le lâche Stanislas, le 23 juillet 1792.

Ici, les défenseurs du Roi viennent prélcndie

encore que ce ne fut pas un traître , mais seulement et toujours un homme faible; que la peur lavait gagné; que les auteurs de la constitution étaient les premiers coupables de l’avoir investi du pouvoir militaire, mais qu’il ne pouvait rien sans la signature des ministres ; que ceux-ci étaient donc les seuls accusables; qu’au moment où le Roi voulut les consulter, ces ministres étaient déjà partis pour l’étranger (ce qui n’est pas exactement vrai); que Stanislas étant reconnu pour un prince sans caractère, la nation avait espéré n’en pas voir manquer les ministres auxquels elle avait donné un immense pouvoir; qu’aux ministres seuls devait donc s’attacher toute la responsabilité..,. De quelle responsabilité parlent ces sophistes ? en est-il une sans rappeler celle qu’inflige le tribunal de l’histoire, à laquelle puisse jamais échapper un prince qui voit son royaume aux mains de l’étranger, qui en accepte comme giàce une faible portion , et qui croit régner parce qu’il vit encore.

En vain , quelques Polonais intrépides, voulant sauver leur patrie de l’esclavage, tentèrent de saisir les rênes du Gouvernement et de soulever les armées. Celles d’Ukraine et de Lithuanie, séparées, sans communication, sans vivres, sans munitions, paralysées par des ordres supérieurs , furent tennes immobiles dans leurs camps. Les Russes entrèrent à Vareovie, Stanislas les reçut à bras ouverts. Les véritables Polonais, ceux qui venaient de défendre

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