‹ J. SulkowskiChapitre 30 sur 88 · LIVRE SECOND. 'J ù · texte numérisé non relu

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d’avoirderiniagination,deraudace,dupalriotisnie, niais qu’il faut encore les connaissances les plus étendues et les plus positives. Pénétré du sentiment de sa noble tâche, il travaillait sans cesse à ne rester en arrière d’aucune des parties de l’art militaire, et de celles qui constituent le véritable homme (T État; qualité qui dans sa définition était bien différente de celle de Y homme (T Etat de son oncle.

Avec sa prodigieuse facilité pour l’élude des langues, Sulkowski entreprit encore celle de l’Arabe, que sa nouvelle destination lui rendait nécessaire; il l’apprit assez promptement pour traduire bientôt des morceaux importans. Dans le choix de ses traductions, on retrouve toujours jes goûts de son esprit, toujours des sujets distingués de morale, de philosophie. Voilà les divinités dont il couronnait les autels. 11 les interrogeait sans cesse : elles éclairaient comme elles animaient sa vertueuse ambition. C’est de la raison meme la plus délibérée, qu’il croyait s’entendre conseiller le parti d’aller en ce moment à plusieurs mille lieues de l’Europe.

On trouve, dans des Mémoires de Michel Oginski , l’un des Polonais le plus activement dévoués à sa patrie, des traits relatifs à Sulkowski, qui prouvent combien le sort de cette patrie le suivait et le poursuivait en tous lieux. Oginski rendant compte de son séjour à Constantinople et des nouvelles qu’il y recevait de France, sur les

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efforts qui pourraient être tentés dans ce pays pour le rétablissement de la Pologne, s’exprime ainsi :

« Le meme jour ( 1793), et par la meme occa- » sion, je reçus une lettre, datée du mars, et » signée par le citoyen Barss. 11 m’annonçait que » les Polonais réunis à Paris avaient jugé à propos » d’expédier le citoyen Dembowski à Constanti-

nople, pour me remettre des papiers importans, » et me donner des communications détaillées sur. » toutes les démarches qui avaient été faites jus- » qu’aJors auprès du Gouvernement français. 11 » me faisait part également que Sulkowski avait » paru quelques semaines auparavant à Paris, et » qu’il lui avait donné des nouvelles peu conso- » lantes sur la mésintelligence qui régnait entre w»les Polonais qu’il avait rencontrés en différens » endroits. »

S’il est vrai que les Gouvernemens en général soient peu rassurés sur les caractères des hommes qui présentent les apparences d’une volonté trop décidée, peut-être les Gouvernemens révolutionnaires, en raison de l’inquiétude de leur première existence, sont-ils plus autorisés à prendre plus de précautions contre les nouveau-venus'. Pressé par les attaques et par les intrigues de toutes les monarchies de l’Europe, le comité de Salut-public pouvait d’ailleurs, dans une situation aussi périlleuse, ne pas avoir le temps de rendre assez justice au mérite d’un jeune étranger peu connu. Le comité crut devoir s’en tenir à la rigueur du prin-

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cipe républicain j qu’«/^ étranger ne pouvait être admis dans t armée , et que la nation française devait suffire à sa défense. Mais ceux qui ne voulaient point placer Sulkowski dans Farmée, lui donnèrent un brevet de chargé d’affaires attaché à l’ambassade de Constantinople. Le comilé de Salut-public avait la double vue de surveiller les Anglais de ce côté important de leurs conquêtes réalisées et méditées , et de rester en communication par un Polonais avec le parti insurgent de Ja Pologne. Sulkowski refusa tout traitement. On sait déjà comme le genre de son ambition n’avait rien de commun avec les richesses. Cinq cents louis lui restaient de toute sa fortune : c’était assez pour attendre les résultats de sa mission.

11 quitta Paris au moment ou s’opérait, dit-il, la troisième Régénération de la France; il nommait ainsi ia journée du 3i mai. Tel est le nom que les vainqueurs donnèrent à cette journée : les vaincus l’ont appelée un désastre. Ce n’est pas ici le lieu de juger les deux appellations. Toutes journées de Révolutions ne sont guère en elles-mêmes plus morales les unes que les autres, puisqu’elles sont également la violation des formes, le renversement des lois établies. Le mot seul de Révolution dont l’étymologie est bien certainement revolvere^ c’est-à-dire mettre violemment dessous ce qui est dessus et vice versd., ce mot, disons-nous, porte aveclui son excuse comme son accusation. C’est dans •le sens de leur but que les journées doivent être ju-

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gées parla politique. Dans son but, une journée qu* voulut faire taire les factions qui divisaient l’autorité, et meme l’empêchaient d’exister; qui voulut armer cette autorité du pouvoir nécessaire pour parer le plus grand des périls, pour repousser la coalition qui allait partager la France, une journée qui a eu ce but certain, ne semble pas d’abord accusable dans l’intention de ses auteurs. Mais si cette journée, en voulant confierai! comité de SaluUpublic le pouvoir nécessaire contre l’ennemi extérieur, l’a laissé maître de le tourner contre l’intérieur ; si les membres du comité de^ venus tyrans se livrèrent à des excès, tels qu’ils durent être enveloppés dans leur propre tourbillon, alors la journée du 3i mai qui commença cette fatale tyrannie pourra être pardonnée encore pour la première partie, celle qui a sauvé l’intégrité de la France ; elle devra être accusée pour la seconde partie, celle qui a fait périr des citoyens Mais ce jugement lui-même, loin de

terminer la question, ne ferait que mener à une autre : un mouvement Révolutionnaire peut-il rester en la puissance de ceux qui l’ont lancé? Tel ce vaisseau détaché du chantier peut-il, lorsqu’il a touché la mer, rester maîtrisé par l’ingénieur qui l’a construit ? est-ce même au pilote qui le monte qu’appartient désormais le vaisseau ? il n’appartient plus qu’à la mer souveraine. Si la tempête s’élève et déploie ses fureurs impitoyables, lapins grande habileté du marin pourra quelques momens soute-

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