‹ J. SulkowskiChapitre 36 sur 88 · LIVRE TROISIÈME. OI · texte numérisé non relu

LIVRE TROISIÈME. OI

» je dois préciser ma pensée. Né libre , el comjv » tant mourir tel, je n’ai connu et ne connais » d’homme que le Républicain ; c’est lui que j’ai » en vue dans ce discoure; et en parlant de l’àge » viril de l’homme par excellence, ce n’est que de » cet homme-là que je peux entendre parler ; l’es- » clave est-il un homme?

» Sur quel attribut de l’homme doit-on s’appe- » santir? Quel est en lui le moteur direct le plus » sûr du bien moral, qui l’unisse par le plus de » services à la société? Sont-ce les passions qui » naissent de ses besoins, le courage, l’indus- » trie? Non, sa qualité éminemment distinctive,

» c’est la force de l’ame, ce puissant ressort qui,

» élevant ses désirs et concentrant ses passions,

» produit l’héroïsme. »

Et voilà le caractère qui guide Sulkmvski ,

[K)iir reconnaître au milieu du torrent des générations les individus qui ont mérité le nom d’homme !

Ainsi, point d’hommes chez ces peuples bar- Ijares, qui, sans aucun choix de raison, suivent aveuglément les coutumes imposées par le despotisme. Chez les Grecs on aperçoit des talens fort distingués, des Agésilas y des Alcibiade -y mais Sulkowski ne reconnaît pour hommes qu’un Eparninondasy un Phocioriy un Socrate, Chez les Romains il voit des orateurs brillans, des guerriers

laineux, il ne voit d’iiommes que Caton d Utiqüc ^ \ et les deux Briitus. Parcourant les annales hw^

maines, il voit succéder à ces points lumineux dix-huit siècles de despotisme et de superstition. Arrive enfin la réforme, Fliomme ose faire quelques pas vers la liberté; quelques heureux évènemens consolent la terre ; la Suisse s’affranchit, ritalie répète quelquefois le nom àeBrutus; le Batave reconquiert surla mer son territoire, et son indépendance sur Philippe II. Les principes étaient encore dans le néant; liberté de conscience, propriété étaient le nec plus ultrà de leur conception; Luther y Qilmij Doria ou Guise, Maurice ou Philippe, tels étaient les signes de ralliement : partout quelques hommes , les choses encore nulle part.

Mais les lumières faisaient des progrès; et la Révolution d’Amérique eut cette fois la liberté pour but et pour moyen. Ce bel exemple parti des rives de la Ddlaware, désilla les yeux de l’Europe. La France, ô spectacle inoui! du sein de la corruption s’élève aux plus nobles intentions de l’héroïsme et delà vertu : c’est la force de l’ame, qui, guidée par l’instruction, transforme dans un jour les Français, longtems esclaves d’une monarchie frivole, en Républicains sérieux et déterminés. A la différence des autres nations soumises à toutes les affections brutales qu’encourage le despotisme, les Français ont par leur morale dompté les habitudes efféminées de leur physique; et le sybarite devenu Républicain a terrassé les innombrables mercenaires de l’Europe coalisée.,..

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