LIVRE PREMIER
parteiiu à la compagnie de 'Jésus, s’exprime ai nsi, au commencement de la Vie que nous lui devons du Polonais :
« L’histoire d’un Roi héréditaire et absolu ne » produit pas ordinairement ce grand intérêt que » nous cherchons dans les chefs des peuples. Ce » Roi, quel qu’il soit, les peuples le reçoivent du » droit du sang, et il ne leur est pas permis de » discerner le bon gouverment du mauvais. S’il » arrive quelques secousses, elles sont légères, et » l’autorité, à la fin, subjugue tout. Cette monoto- » nie d’obéissance passive. Salutaire, si le mo- » narque est bon, ruineuse, s’il est méchant, ne » met sur le théâtre de l’histoire que. des acteurs » froids, inanimés, qui ne se meuvent, n’agissent » qu’au gré d’un premier acteur, et ce premier » acteur, sans chaleur comme sans crainte, n’a pas le pouvoir lui-même de nous intéresser vi« » vement. . -
» Il n’en est pas ainsi d’un Roi électif: ou ses » vertus le portent sur le trône, ou là force; s’il » s’élève par ses vertus, le spectacle est touchant; î) si c’est par la force, il attire encore les regards » en triomphant des obstacles; et, lorsqu’il est » au faîte de là puissance, il a un besoin contir » nuel de conseils et d’actions pour s’y inaintenir: » Le roi y là loi et la nation j trois forces qui pèsent » sans cesse l’une sur l’autre ; équilibre difficile, » La nation, sous le bouclier dè la loi, pense » parle, agit avec cette liberté qui convient â des
» hommes. Le Roi , en suivant ou en violant la loi, » est approuvé ou contredit, obéi ou désobéi, » paisible ou agité. »
Dans l’attention que je porte à fixer pour la Pologne la gloire qui lui revient de ses plus faibles essais de liberté, les Polonais jugeront le sentiment qui me guide. Ce sentiment est celui de la justice et de la reconnaissance pour les moindres intentions d’humanité qu’on croit apercevoir à travers les siècles. Le même esprit de justice ne donnera-t-il pas à l’historien le droit d’étre sévère, si , dans l’examen des malheurs qu’il a à raconter , il ne découvre et ne peut assigner d’autres causes que le refus de la liberté fait au peuple ^ que cette inhumaine exclusion, que celte mort, on peut le dire presque littémlement , que cette mort meme, donnée aux quatre-vingt-dix-neuf centièmes de la plus belle population rassemblée sur un des plus beaux points de la terre?
Sans chercher sérieusement à quel d^ré une grande nation, privée du bonheur d’appartenir à un Roi héréditaire, peut dans de grands périls se défendre, guidée seulement par un chef élu, on trouve la solution de ce problème dans le gouvernement meme de Sobieski. Le moment où ce Roi fut choisi par les Polonais, avait bien les symptômes d’un état désespéré. Cétait le moment de Finf^e traité de Buczac, traité dont la honte avait semblé permettre l’épitaphe suivante : « Ci-git la. Pologne, qui , née de la trop grande in-