‹ J. SulkowskiChapitre 41 sur 88 · LIVRE TROISIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE TROISIÈME

secours de tous ses habitans sans distinction de rang; et que, pour avoir le droit d’appeler au combat les hommes qui conduisent la charrue et nourrissent leur pays, il fallait les appeler franchement et aussitôt à la liberté , sans laquelle Us ne pouvaient avoir d’intérêt actuel de se présenter dans la lutte. O ma patrie] s’écriait Sulkowski, quand 'verrai-je dans chaque village des arbres de liberté remplacer des. carcans \ quand verrai-je dans la main des magistrats subalternes un symbole de paix remplacer ces fouets odieux ^ devant lesquels tremblent six millions d* esclaves] Ce tems n’est pas éloigné y les lumières répandues en garantissent les approches. Quand le peuple connaîtra ses droits,, quelle sera sa force] et quels sont, les dominateurs dont les efforts ne viendront pas se briser contre la masse imposante des hommes dégagés de toute servitude.

Des Polonais, dont les sentimens politiques étaient moins bouillans que ceux de Sulkowski, voudraient que l’insurrection n’eût failli que par l’impéritie des généraux. Ils les accusent de n’avoir pas su diriger une force très réelle, qui, en présence des armées ennemies , sur une langue de terre ouverte de toutes parts, s’était élevée jusqu’à cent mille hommes, qui avaient été équipés en moins de trois mois; Sulkowski leur répond que les plus grandes et les plus sublimes dispositions ne pouvaient s’appuyer que sur Taffranchissement complet et instantané. Sans cette mesure,

J. SULKOWSKf.

la levée générale du peuple, première espéranex* des patriotes, celte base fondamentale du plan ck' la résistance se trouvait manquée. Il parait incontestable que beaucoup de difficultés, prétextées contre l’exécution de l’affranchissement, prirent leur source dans l’intérét de quelques nobles à perpétuer l’esclavage. La vie des paysans est leur richesse et leur propriété, comme celle des nègres en Amérique est la propriété des colons : !

avec une manière de voir aussi étroite, que devient la patrie? elle a besoin de tous les sacrifices, j

et on lui refuse ceux qui sont en meme temps les j

premiers et les plus sacrés devoirs imposés par la nature! |

Pour Kosciuszko, c’était sa vertu qui le retenait | dans les liens de la modération; soit l’effet de cette probité rigoureuse, qui meme dans une Révolution ne se croit pas permis de déranger les , institutions les moins justes , autrement que par des lois ou des compensations régulières, soit ce calcul politique d’une ame honnête , qui voudrait concilier des intérêts différens , plutôt que d’être réduit à les blesser et à les subjuguer, Kosciuszko parut redouter et refusa tout parti violent. 11 substitua à la levée générale celle du cinquième de la population. Cette modification du premier plan était bien faite pour rassurer l’avarice des propriétaires opposans. Ni les prières ni les exhortations ne purent triompher des lenteurs qu’ils sucitèrent: au moment oii ceux

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