‹ J. SulkowskiChapitre 42 sur 88 · LIVRE RROISitME · texte numérisé non relu

LIVRE RROISitME

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des paysans qui avaient été choisis pour Tarméc y versaient leur sang, croirait-on que des maîtres continuassent d’accabler de corvées leurs femmes et leurs enfans? Les nouveaux soldats se plaignirent au camp. Quand le chef général demanda que l’on fît cesser cette vexation, il fut refusé. Alors il publia des universaux, qui portaient défense d’exiger la corvée des soldats de la République. Les nobles se récrièrent avec aigreur; ils dirent qu’on attaquait la propriété, et le sort des habitansde la campagne ne reçut aucun adoucissement. Eii conseillant l’afïranchissement général avec tous les ménagemens que lui semblaient permettre les temps tranquilles, J.-J. Rousseau avait encore dit : « A Dieu ne plaise que je croie avoir besoin » de prouver ici ce qu’un peu de bon sens et » d’entrailles suffisent pour faire sentir à tout le » monde ! Et d’où la Pologne prétend-elle tirer la » puissance et les forces qu’elle étouffe à plaisir » dans son sein? Nobles Polonais, soyez plus, » soyez hommes; alors seulement vous serez heu- » reux et libres; mais ne vous flattez jamais de » l’étre tant que vous tiendrez vos frères dans les » fers. » Mais , ce que J.-J. Rousseau conseillait à cette époque, c’était ici la politique elle-même qui le conseillait , et cette politique avait été déjà couronnée du succès dans un premier moment où elle avait été employée. On rendrait difficilement l’impression que fit sur les paysans l’élévation au grade d’officier de deux des leurs qui s’étaient dis-

J. ÜL’LKOWSKI.

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lingues à l’action de Raçlauicé. Ce fut un vérila-

bleenlhousiasmequandonvitKosciuszkoendosser

rhabi t de paysan, manger avec ses frères de nouvelle adoption, passer les jours et les nuits dans les camps; et ce ti'ait de fraternité est l’un de ceux qui ont le plus attaché les cœurs au généralcitoyen.

Ah! si ces louchantes démonstrations, sincères de la part du chef, eussent été partagées par tous les nobles Polonais ; si les braves gens, transportés du plus généreux élan , n’eussent point eu à craindre de voir leurs efiforts et leurs triomphes suivis de la continuation de leur esclavage et d’un esclavage plus dur encore peut-être , par la nécessité ou se croient les tyrans de remuseler, comme ils disent, un peuple qui a goûté de la liberté ; ah ! sans doute, si l’on eût mis franchement en commun les bras des uns, les richesses des autres, si tous les nobles Polonais eussent été des hommes, la Pologne ne se serait point vue rayée du tableau des nations!

Un Polonais auquel un patriotisme pur, un sens droit et la connaissance approfondie des affaires de son pays donnent l’autorité de prononcer une opinion sur les causes véritables de la destinée de la Pologne , ce Polonais résumait ainsi l’histoire de la ruine de sa nation : La Pologne , disaitdl , a péri, faute de grands capitaines ; celte opinion, peut-être trop fondée, ne dément point celle qu’on vient d’exprimer, que la Pologne avait

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