‹ J. SulkowskiChapitre 49 sur 88 · LIVRE QUATRIEME · texte numérisé non relu

LIVRE QUATRIEME

ce moyen parak-il praticable en Turcpiie? Quelle espérance pour une Hévolution , là où il a’y a pointée lumières qui l’aient préparée ! Il 'faut donc ehepcber à cette r^énération un foyer, étran^er^ >qui fasse diversion à ses formidables ennemis^ et ce foyer, Sulkowski trouve que ce peut être, que ce doit être la Pologne^

La situation de la Turquie entre la Russie et l’Autriche est tout-à-fait heureuse pour empêcher, la tyrannie de sedonner la main. Du salut de l’Em-. pire ottoman dépendent les destinées futures des enlans de la liberté en Europe. La Turquie de moins, voyez quel énorme poids retombe sur la France : la Pologne de plus , voyez comme s’accroît le pouvoir de la France; la Pologne république, quel secours reçoit la République française! Le système républicain peut alors balancer sur le .globe le système héréditaire royal, qui sans cela doit écraser le système représentatif dans âa naissance. , ‘

Les -Essais politiques de Sulkowski peuvent prouverque, s’il méprisait avec raison les formules et les subtilités de la science qu’on appelle diplo-

matie, ses lumières autant que sa morale lui donnaient le droit d’en juger les plus hautes questions. Il n’était étranger à aucune des connaissances qui seraient beaucoup plus nécessaires dans cette par. tie même de la politique que la fourberie qu’on veut lui attribuer pour base; et personne n’aurait pu être au besoin meilleur diplomate que Sul-»

kowski. Mais ce n’était point là sa prétention; il voulait être militaire, et rien autre chose. ‘

Le ministre de la guerre avait présenté au Directoire exécutif un rapport pour l’employer au service de la République ; Sulkowski était impatient d’avoir la décision qui lui promettait de courir se placer dans les rangs français. Déjà' se faisaient entendre les premières victoires de l’armée d’Italie , et pressentant bien qu’elles ne seraient pas les dernières, il voulut partir aussitôt pour cette armée , et s’enrôler comme simple chasseur dans un des corps commandés par Bonaparte: Qu ai-je besoin de grades y disait-il, en s aurai gagner,.,. Il y a là-bas un jeune homme entreprenant,,. On entendra parler de moi,,,.

Enfin le général Cbérin , adjoint au ministre de la guerre Pétiet , remet à Sulkowski un brevet de capitaine , et lui donne la destination qu’il dé^ siraît pour l’armée d’Italie. Ah ! combien ont été souvent difficiles les premiers pas dans la carrière pour les hommes appelés à s’y distinguer le plus ! J.-J. Rousseau a dit : 1*6 premier ecu est plus difficile à gagner que le dernier million.

Dans ses derniers voyages, Sulkowski avait dépensé ses derniers cinq cents louis : il n’avait plus d’habit et plusd’ai^ent. Avec un uniforme polonais qui lui restait, il s’arrangea un uniforme français. Un de ses amis, père d’une famille nombreuse, partagea avec lui le peu de ressources qu’il avait lùi-même; il lui donna sa montre d’ai^ent etie conduisit à la voiture publique.

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