‹ J. SulkowskiChapitre 51 sur 88 · LIVRE ÇfUATRiiîME · texte numérisé non relu

LIVRE ÇfUATRiiîME

qu’il y avait à coté du pont une espèce de cavalier, formé par le curage de la rivière, et dans lequel nos soldats croyaient pouvoir se mettre à l’abri. 11 pense aussi que généraux et officiers étaient déjà trop riches.

Le lendemain il y eut une autre affaire: les Autrichiens qui attaquaient et qui se croyaient sûrs de la victoire, perdirent trois mille hommes. Ce succès fut dû au sang-froid de Bonaparte. II traversa un canal, à la faveur duquel un corps qu’il fit passer, tomba sur le flanc de l’ennemi, le déconcerta et s’en empara. LorsqueTrieste et les environs furent au pouvoir des Français, Sulkowski fut chargé de conduire des prisonniers, parmi lesquels se trouva ce général allemand, dontlui-méme précédemment avait été le prisonnier , lorsque voulant dans son déguisement arménien rejoindre la Pologne, il avait été pris par le cordon Autrichien. Suivirent les préliminaires de Léoben.

Dans plusieurs des momens décisifs qui avaient précédé les dernières opérations de cette première campagne de l’armée d’Italie, Bonaparte avait plus d’une fois autorisé Sulkowski à donner les ordres qui seraient nécessaires. De pareils pouvoirs montrent le degré d’estime que ses talens et son caractère acquéraient auprès de son général en chef; c’est qu’aussi Bonaparte, en permettant cette grande latitude à son aide-de-camp, n’ignorait point que celui-ci avait déjà su obtenir asse^ de considération dans l’esprit des premiers généraux de

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l’apnoee, pour que des ordres transmis par sa bouche fussent reçus avec oonfiance.

Les volontés cFun général eii elief tel queBonaparte étaient toujours trop promptes, pour qu’mon eût le besoin ou le temps seulement de les dematl-^ der. Sulkowski osa cependant toujours solliciter de nonv^es missions d’honneur. La récompense qu’il désirait, c’était d’obtenir de nouvelles occasions de se montrer avec action^ En se battant tous les jours, il avait encore le moment de réfléchir sur les causes pour lesquelles on continuait de se battre : quelle est la politique de la maison d’Autriche, se disait-ii? Pourquoi la France et l’Autriche ont-elles été toujours aussi acharnées pour conserver une si grande influence sur l’Italie? La réponse à ces questions, toutes compliquées qu’elles paraissent, ne se trouve pas dans ce qu’on appdile l’érudition diplomatique. Cette érudition ne peut jamais être sure, en ce qu’elle touche à des causes secrètes, impossibles à débrouiller dans l’éloignement j c’est donc dans l’examen de la nature même des choses rapprochées de notre vue, qu’on peut trouver les résultats les plus certains.

Si l’on considère un pays sous le rapport des productions utiles , des subsistances , et des choses d’agiément devenues presqu’aussi nécessaires aux Itommes que les choses utiles , il n’est point de pays qui j par la fertilité de son territoire , par la beauté de son climat , par l’accumulation de tous les trésors des arts, oITre à ses possesseurs plus

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