LIVRE QUATRIÈME
de ressources avec moins de peine , qui promette et qui donne plus de bonheur facile que ITtalie. Si Fon considère un pays sous cet autre rapport si étroitement lié au premier, celui de fa puissance qu’il peut donner à ses occupans , il est "peu de pays sans doute aussi attrayant que Fïtalre.
force de sa population , sa belle position physique, telle que de l’extrémité de sa péninsule où domine en quelque sorte le reste de F univers ; cette position semblera toujours prom^tre Fempire du monde à celui qui aura l’empire de Fitalie. Les Barbares qui vinrent culbuter FEnïpire Romain ^ paraissent avoir été' amenés , en grande partie , par la faim qu’ils espéraient satisfaire, dans un pays meilleur que celui qu’ils quittaient. Les Rois qui ont succédé aux Barbares n’ont pas eu un principe moins famélique que celui qui avait attiré les premiers ; ils ont ensuite fait des guerres comme ils ont fait des alliances , par caprice , par ambition : ils ont fait du mal pour faire quelque chose, ne sachant mieux , comme on dirait par passetemps royal J et pour occuper leurs peuples, enfin parce que les Gouvernemèns se sont tonjourscréé d’autres intérêts que ceux des gouvernés....
Voilà quelques-unes de ces réflexions que SuN kowski avait puisées dans la nature des choses : avec une manière de voir aussi haute, il ne pouvait manquer de trouver la réponse aux questions qu’il s^était faites à lui-même. Son esprit était trôp juste et trop pénétrant pour laisser échapper cette
J. SULKOWSKf .
ia8
solution, si toutes ses facultés n’eussent pas été absorbées par la partie militaire , et si , sur le champ de bataille , il eût pu faire autre chose que la guerre la plus active. Mais , ne perdant pas. une occasion de se rendre compte des motifs et du résultat des opérations, Sulkowski, avec une si forte attention et doué d’une perspicacité aussi prompte, ne put être longtemps après son arrivée à l’armée , sans posséder l’ensemble du système de la guerre. D’après ce qu’il venait déjà de voir s’accomplir sous ses yeux , et avec son actioa personnelle , il pensait être capable d’apprécier ce vaste système de son généràl en chef. L’aidede-camp se proposait d’écrire l’histoire des campagnes d’Italie : préludant à ce travail digne de la plus profonde méditation , par un relevé chronologique de toutes les affaires, il prépara des notes itinéraires, qui expliquent jour par jour les marches , les séjours, les campemeos , en un mot tous les raouvemens particuliers et généraux de l’armée d’Italie. Son travail complet devait être le tableau pittoresque, et, pour ainsi dire, la partie d’échecs animée , qui fut jouée par les grands maîtres sur le théâtre que leur gloire, a rendu si célèbre.
Trois lettres vraiment historiques que Sulkowski écrivit, presque au milieu des combats, ,à un ami à Paris, ont été singulièrement remarquées par les hommes les plus capables d* en juger le mérite.