LIVRE QUATRIÈME. I5>Ç
Ces trois lettres , qii’oii pourrait regarder eoniiiie d’exoellens Mémoires historiques , sont consacrées à décrire la campagne d’ilalie de Tan v; c’est-à-dire le mois qui jirécéde les préliminaires de Lcoberi y mois fameux, dans lequel on vit s’accumuler des faits d’armes qui auraient composé plusieurs années de gloire de plusieurs guerriers.
L’Empereur François II, ayant déjà perdu troi;; armées en Italie, voulut soutenir ce qui lui restait de soldats et remplacer ce qui lui en manquait par le prestige d’une grande renommée : il envoya contre Bonaparte , son frère l’archiduc Charles ; enflé de quelques succès qu’il avait dus en Allemagne au défaut d’union des deux armées françaises du Rhin et de Sambre-et-Meuse , l’archiduc s’imagina que la victoire suivait partout le rang de la naissance; il confondit le local , le moment, les circonstances. Bonaparte avait eu la politique de combler d’égards le malheureux IVurrnser, Le prince successeur du vieux général fut d’abord très-peu modeste dans ses formes. Il s’annonça comme réparateur des défaites qui ayaient précédé son arrivée. Il le dit et le crut,. Il parla de conquérir. Bonaparte le joint , dit Sulkowski, et le fameux Archiduc ne sait pas même se défendre; son armée disséminée fuit, et se dissipe comme la poussière que, dans leur marche irrésistible , soulèvent devant elle nos colonnes victorieuses.
Sulkpwski ne prononce point un jugement
l3o J. SULKOWSKI.
aussi sévère, sans donner avec la plus grande clarté tous les faits sur lesquels il se fonde ; il rend compte de toutes les fautes de Tennemi , de toutes les intentions par lesquelles Bonaparte les avait amenées; il montre bien dans tout son jour la gloire de son général : Elle ne relève nullement des hasards de la guerre, mais elle sort tout entière des profondes conceptions de ses plans et de leur rapide accomplissement.
La concentration des forces républicaines, l’habileté avec laquelle Bonaparte donnait le change au prince Charles^ sur le dessein de ses mouvemens, lui firent disséminer les siennes : voilà deux causes qui paraissent à Sulkowski avoir été décisives dans la campagne de l’an v. Il eut luimème le bonheur de concourir pour quelque chose à l’exécution.
Bonaparte ayant sondé les forces que l’ennemi pouvait avoir sur sa gauche, et voulant rompre ses communications avec le Tyrol y chargea Mas^ séna de se porter en Carinthie par la Louvelaj et ordonna à Sulkowski d’étre présent à cette expédition. Sulkowski accompagna le chef du ib®. de chasseurs qui était chargé d’un vigoureux coup de main, et ne contribua pas peu par ses conseils à la manœuvre par laquelle , après avoir pris le général Lusignan et le corps qu’il commandait, on devança la partie de l’armée autrichienne envoyée au secoui-s de la Carinthie, dont le célèbre combat de Tarvitz assura la conquête.