‹ J. SulkowskiChapitre 57 sur 88 · LIVRE QUATRIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE QUATRIÈME

poids décisif dans la balance des destinées humai* nés. Mais chaque jour aussi , Sulkowski était plus convaincu que les masses militaires le mieux or* ^anisées acquièrent une force centuple^ lorsqu’elles sont animées, par le sentiment.de leur liberté. Par^ tout H consacre ce grand principe de la puissance 'Comme de la dignité humaines; en rendant compte au général Bonaparte d’une mission qui lui avait été donnée pour Venise, il commence ainsi' sa lettre : Cest moins au concours des circonstances qçià celai de Vélan révolutionnaire y que nous de* vons la reddition de V ^rUse ; ce principe généreux s^ est encore ici trouvé celiÜ de nos succès ; c-csi ce bon esprit qui a paralysé lès moyens de nos enne* • • ••• • » On a malheureusement vu un pareil lan* gage , n’étre souvent dans certaines* bouchés que l’effet d’un calcul politique, employanrau' besoin les formules de la liberté comme elles emploient celles de la religion et tous les autres moyens pour aiTiver;à leurs fins ; le langage de Sulkoswksi^e pouvait couler d’une pareille source. La franchise et la noblesse dé son caractère ont d’avance pu faire juger son horreur pour celte abomihable^politique qüi ne rougit point de faire concourir à ses crimes tout ce qu’il y a de plus sacré. ’ Chez Sulkowski , le langage de la liberté n’était que] l’expression naïve et simple du sentiment sincère et profond qui le transportait dans tous les^ instans de sa vie; sentiment qui aurait méihe pu l’égarer, s’il n’eùt été célui de la vertu même, et si c^t e

J. SULKüWSKI.

vertu n’eût été guidée par la plus saine raison.

Je trouvé, dans la partie des Mémoires tV Oginski correspondant à l'époque ou nous sommes arrivés, un nouvel hommage rendu à Sulkowskî toujours comme Polonais, alors qu’il se conduisait d’une manière si distinguée comme militaire français.

« Ixa députation Polonaise, dit Oginski, m’a- » vail , le 2 1 août, chargé d’entretenir une corres- » pondance avec Sulkowski, aide-de-camp du » général Bonapaile dans son expédition d’Italie.

» Cette communication n’était pas facile à établir; » cependant deux de mes lettres étant parvenues » à leur adresse, Sulkowski me répondit quelques » lignes, par un officier français qui se rendait » en Perse par Constantinople. Il me faisait en- » tendre qu’il ne lui était pas possible de parler « des affaires de Pologne à -Bonaparte, au moment » où ce général était observé dans ses opérations »*militaires en Italie; mais qu’il me conseillait de » lui adresser une lettre au nom de mes compa- » triotes, et m’assurait qu'elle serait bien accueillie. » Il ajoutait que , si nous pouvions intéresser en » notrè faveur le général Bonaparte, nos espé- » rances pour le rétablissement de la Pologne ne «seraient plus douteuses; car ce général jouissait

» déjà de toute la confiance des Français,* et il ne «pouvait manquer d’étre un jour à la tète du » Gouvernement. » .. /

O SuIkowski, dans la confiance de ton ame pure, dans rentliousiasme que t’inspiraient les

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