‹ J. SulkowskiChapitre 66 sur 88 · LIVRE CINQUIÈME. l · texte numérisé non relu

LIVRE CINQUIÈME. l

En donnant quelques détails sur Texpédition d’Égypte, Oginski fait autant d’honneur à Bonaparte d’avoir placé Sulkowski dans son état-major, qu’à celui-ci d’y avoir été.' « Tout le monde, dit-il,

» sait ce qui s’est passé depuis en Egypte et en » Syrie , jusqu’au retour de Bonaparte en France; A et , comme cette campagne n’a eu rien dé èom- )i muh avec la Pologne > je n^eu aurais pas même » fait mention , si beaucoup de mes compatriotes » qui avaient suivi l’armée française , ne s’y étaient » couverts de gloire par leur valeur et leur bonne » volonté. Les bulletins et les journaux ont faitune » mention honorable du général Zàionczeck, qui » s’est distingué dans différentes expéditions. Et le » chef de brigade , aide-de-camp du général en chef » Sulkowski, termina sa glorieuse carrière aux por-

» tès du Caire, le 21 septembre 1798. » On voit

qu’Oginski est heureux et fief * d’enregistrer pour riiistoire toüt ce qui a honoré le nom polonais , et quelle brillante place vient de prendre , sous sa plume, le nom de notre Sulkowski parmi les grands citoyens qui l’ont illustré.

M. Dehon , dans son intéressant Voyage en Égypte y raconte ainsi la mort de notre héros : « Le » jeune et brave Sulkowksi, à peine guéri des blèsw sures dont l’avait couvert le combat dé Ssale/t- » hyehy v^ récorinaître l’ennemi, l’attaque malgré » la disproportion du nombre, le poursuit, tombe » dans uneembuscàde;son cheval pèrcé d’une lance » se renverse sur lui : il est écrasé par celui qui

» vole à son secours Ainsi finit un des offi-

» ciers les plus distingués de rarmëe. Observateur » dans les marches, chevalier dans les combats, » la plume délassait ^ ses mains des fatigues . des » armes. Il venait de décrire la marche sur Belbejs » avec autant de grâce et d’inlérét qu’un autre en » aurait pu mettre a raconter les combats qu’il y » avait soutenus , les blessures glorieuses qu’il y » avait reçues. Ambitieux de gloire , ce jeune » homme avait cru ne la trouver que dans nos » bataillons^ captivant la vivacité de son carac- » tère , il avait mesuré ses mouvemens sur ceux » de celui qu’il s’était choisi pour maître ; il » poussait l’envie d’en être distingué .jusqu’à la » jalousie ; et la tache qu’il s’était proposée, don- » nait la mesure de ce qu’on pouvait attendre de » lui. J’avais été confident des passions de sa jeii- » nesse; je l’étais de sa noble ambition , elle était » belle et grande : c’était par l’étude, c’était par ‘ » un mérite réel qu’il voulait parvenir. Il n’y avait » que quelques heures que dans un épanchement » amical il venait de m’intéresser par son énergie, » lorsque la nouvelle de sa mort vint flétrir et » froisser mon ame ! C’était un des officiers que » je pouvais le plus aimer, et ce fut peut-être sa » perte qui jeta un voile triste sur la victoire du » premier Brumaire. » Le lecteur a pu apprécier et porler lui-même le jugement prononcé par M. Denon sur le héros Polonais.

Les émeutes du Caire furent rvîveraent répri-

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