‹ J. SulkowskiChapitre 72 sur 88 · LIVRE CINQUIEME. lyg · texte numérisé non relu

LIVRE CINQUIEME. lyg

malheureux Polonais , comme à la vcrlii de leur conduite en 1794? de Ségur semble tracer à l’avance ce que seront la conduite et la destinée de ces dignes citoyens,' trente -huit ans après. Qui ne croirait que les lignes suivantes viennent d’ètre écrites en i 832 : « Cette nation infortunée, dit » M. de Ségur, crut que son courage lui tiendrait «lieu de force, d’argent et d’alliés. Elle avait » mérité par sa vaillance un Roi plus ferme ,

» des ennemis plus généreux et un meilleur » sort... »

Les grands traits de l’histoire si intéressante de cette admirable Pologne se trouvent surtout rassemblés dans le tableau de la Pologne ancienne et moderne, commencé par Malte-Brun , continué et achevé par Léonard Chodzko et les plus vrais patriotes de la Pologne , parmi lesquels se trouve le savant et courageux professeur Lelewel. Le dernier partage (1795), non moins odieux que les précédens , est jugé comme l’acte le plus monstrueux de la politique des Rois. « Par le dernier » partage , dit M. Chodzko , les rives de la Piliça , « de la Vistule, du Bug et du Niémen, marquèrent » les frontières de la Russie, de la Prusse et de l’Aui> triche. C’est ainsi qu’après dix siècles d’existence » la Pologne fut rayée du nombre des États indé- » pendans.Onabeaucoupécritsurlescausesqui ont » amené son partage; il est encore plusieurs points » sur lesquels il reste de l’incertitude; mais l’opi- » nion publique est fixée depuis longtemps sur la

la.

» conduite des Cours co-partageantes. Personne ne » doute plus que les trois Souverains, en poussant » leurs soldats sur le territoire polonais, en s’appro- » priant chacun les pays à sa convenance, n’aient » fait un acte qui ne diffère d’un vol à main ar- » mée que par la nature des objets injustement » acquis , et par la grandeur des moyens mis en » usage; personne ne doute plus qu’en invoquant » de prétendus droits, au moment où ils violaient » tous les principes du droit des gens , ils n’aient ^ » fait qu’ajouter à la violence la plus odieuse l’hy- » pocrisie la moins déguisée. »

JiOrsqu’à la suite de tous ces jugemens historiques, nous en avons dans ces derniers jours ei> tendu de non moins irréfragables, prononcés par des hommes dont l’autorité est si puissante, parce qu’elle est celle de la morale autant que de la politique; lorsque, dans quelques-unes de leurs paroles solemnelles et retentissantes, notre grand citoyen , l’imperturbable Lafayette , notre profond | publiciste et probe diplomate M, Bignon, ont lancé j le dernier arrêt contre les bourreaux, commence ! l’hymne éloquent de l’honneur qui est l’immortalité des combattans, la victoire meme des | glorieux vaincus ; quelle douce sympathie ai-je p« | ne pas espérer de recueillir pour le jeune héros, si prématurément enlevé à sa patrie; pour ce Sulkowski cjui en représente dans sa personne toutes les sublimes pensées; pour ce Sulkowski dont le premier sentiment , l’idée fixe, l’action uniquede

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