‹ J. SulkowskiChapitre 77 sur 88 · CITOYEN G^N^RAL · texte numérisé non relu

CITOYEN G^N^RAL

C’est moins au concours des circonstances qu’à l’élan de l’esprit Révolutionnaire,que nous devons la reddition de Venise ! Ce germe précieux a été encore ici le principe de nos succès en paralysant les moyens de nos ennemis.

Le local de cette ville lui fournissait des ressources formidables; elle pouvait résister! et le temps mûrissant des rapprocliemens politiques laissait aux Nobles l’espoir de conserver leur puissance ; mais au premier souffle de la liberté , cet édifice oligarchique s’écroula.

La terreur que leur inspirait votre courroux, et le sentiment immédiat des privations occasionées par le séquestre de leurs biens, achevèrent d’abattre leur esprit énervé; ils ne songèrent qu’à feindre et à trahir , ils crurent qu’on pouvait nous tromper avec des mots, et qu’une Révolution imaginaire qui leur laissait tout le pouvoir, suffirait pour éloigner de Venise les malheurs d’un partage ou d’un blocus.

C’est d’après ce principe que le grand Conseil prit cet arreté bisarre , qui permettait au Doge et à ses assesseurs de faire tel changement à la

PiitecEs

Constitution qui pourrait être agréable au peuple. Sitôt qu’ils eurent avoué eux-niémes l’urgence d’un changement, ils furent perdus. C’est en vain qu’ils arrêtèrent les trois Inquisiteurs, la majorité des liabitans ne s’en contenta pas. Cet arrêté dévoila le danger dans lequel se trouvait la ville , il montra la faiblesse des Nobles et leurs craintes ; une opinion se forma; dès qu’on osa parler, il y eut de l’ensemble, et les patriotes se groupèrent sitôt qu’ils se connurent.

Le Gouvernement effrayé des progrès rapides de l’esprit Révolutionnaire se repentit de sa démarche, et crut en rompre l’effet par la perfidie ; les Nobles conçurent le projet de faire immoler par le peuple même , ceux que l’opinion publique désignait commemembres du futur gouvernement. Ils crurent par là dégoûter les bons citoyens du désir de la liberté , par l’aspect des horreurs de la licence.

Vendredi a3 germinal, l’anarchie s’organise.

Quelques Esclavons suivis de bandits, un drapeau vénitien en tête, paraissent devant le Palais : Vwe Saint-Marc \ est leur cri de ralliement; ils jurent d’exterminer ses ennemis; la foule s’augmente et trois ou quatre mille individus se répandent 'dans la ville; les maisons proscrites étaient désignées; on les saccage au point que dans aucune d’elles on n’aperçoit plus le vestige d’un meuble. Heureusement quelà vilelé de ces hommes leur refusa même l’audace de tenter un assassinat : s'il y

AUTOGRAPHES

avait eu du sang répandu , les soldais elles nobles se seraient mis à leur tête ; mais 1 exaltation de cette cohue s’étant exhalée en vols, aucun homme de marque n’osa se ranger de leur parti.

Tout-à-coup le danger commun réunit les esprits; les liabitans s’arment pour leur propre défense , et le Gouvernement qui avait refuse d’employer la force pour reprimer les anarchistes , n’osa en faire usage contre la masse des citoyens.

' Les Nobles dans celte crise espérant conjurer l’orage , et faire cesser un tumulte dont les suites ne leur paraissaient plus favorables, crurent devoir donner un chef aux liabitans. Ils choisirent pour cet emploi un homme qu’ils avaient constamment persécuté, ce fut le général Salimbéni, vieillard respectable, qui à soixante ans était encore plein de feu et d’énergie ; ce dernier trait les perdit. Salimbéni fit un choix d’hommes courageux etbonorables; il rasseml^la tous les patriotes; il fit dissiper la bande des pillards, et s’empara des principaux postes. Les Esclavons, revenus de leur frayeur, veulent tenter un coup de main sur le pont deRialto, poste que l’on peut regarder comme le centre de Venise; la garde en avait été confiée à un officier Maltais et à une cinquantaine de braves. Les Esclavons s’approchent et font^ une décharge ; celte jeunesse inexpérimentée lâche pied ; le Maltais seul reste, et avec une intrépidité rare , il fond le sabre . à la main sur les

l64 ; PlàlGES

premiers^ Esclavons qui se présentent; deux fois son fer se brise , deux fois il s’arme aux dépens des assaillans ; le sort sert si bien sa valeur qu’il en tue cinq , et fait reculer le reste. Les patriotes à cette vue reprennent courage, ils reviennent; on se bat un instant, le canon tire, les Esclavons sont mitraillés ; et cette première impression du succès, qui décide dans les émeutes populaires, est en faveur des Vénitiens.

Le lendemain, les Esclavons, voyant tous les habitans armés contre eux, évacuèrent la ville, ils portèrent le ravage et l’épouvante dans les villages de Lido et de Malamocco, et chargés de butin ^ cinglèrent vers Lovigno avec leur chef Marosini. Des circonstances aussi impérieuses altérèrent le parti du Gouvernement. Se voyant sur le point d’étre livré aux Français par les Républicains, il voulut s’en faire lui-méme un mérite envers nous. Condulmet l’amiral parle le premier de capituler , et ne pouvant engager le général Baraguey à n’entrer que seul dans la ville, il lui offre ses chaloupes pour y transporter nos troupes; mais ces démonstrations n’étaient que des feintes. Les Vénitiens cherchaient à se reconnaître pour prendre un parti. Condulmet, embarrassé du rôle qu’il devait jouer , parlait tantôt comme un simple particulier qui voulait s’éloigner des affaires, tantôt comme le Chef de l’escadre ; il promenait nos officiers dans ses postes et ne faisait nul apprêt pour nous, recevoir; enhn

AOTOGRAPHES.

pendant qu’il demandait quatre mille hommes, à peine les embarcations pouvaient-elles en contenir quinze cents.

Ces délais masquaient des trames perfides ; six chaloupes canonnières, montées par des Rovigois, barraient les débouchés de la Quena ; ils avaient refusé de recevoir garnison vénitienne; et s’entendaient avec les ouvriers de l’arsenal entièrement dévoués aux Nobles : sous prétexte de vent contraire, l’on fit revenir un bâtiment chaîné d’Esclavons. Partout l’on voyait les indices d’un choc prochain entre les deux partis ; son issue eût été peut-être incertaine, lorsque nous fixâmes la fortune par notre célérité.

Le général Baraguey qui connait le prix des momens, résolut de s’emparer de Venise: la nuit meme , après avoir reçu vos ordres , il oi^anisa le débarquement. Personne ne s’y attendait : on occupa les débouchés de Malamocco et de Lido , la place de Saint-Marc, les îles voisines et le pont de Rialto. Tout s’exécuta à la faveur des ténèbres, et les Vénitiens en s’éveillant trouvèrent les Français au milieu de la ville.

Au lever du soleil le général Baraguey y fit son entrée; il vint au-devant de nous sept barques remplies de patriotes, le Maltais à leur tète. Il avait dès la nuit occupé la place de Saint- Marc avec huit cents des siens, ainsi que divers autres endroits. Leur joie fut vive et bruyante, et contrastait avec l’aspect monotohf

PlilCES

delà ville. Longlemps après, il y régnait encorecelle stupeur qui suit les grands événeraens. 11 n’y a qu’un seul parti qui se montre et qui se prononce, et ce parti n’est pas nombreux. Ceci est cause que les renseignemens que je pourrais recueillir, ne seraient pas assez importans; mais dans quelques jours j’espère vous en donner de plus exacts, et jeter un coup-d’œil sur la défense de celte ville et ses forces maritimes; je lâcherai meme de discerner les masses que présentera l’opinion publique, et de rassembler quelques notes sur les individus marquans ou coupables. Ce travail fini, je vous en enverrai le précis, et me hâterai de vous rejoindre.

Relevé* des affaires d’ Italie par Sulkowski.

An IV.

germinal.

Affaire de Vollis.

Attaque de Montelesina.

Bataille de Montenottc.

Attaque de Cossario.

Bataille et prise de Dégo.

ri

Prise du camp retranché et de la ville de

Cçva. 26

Affaire de Milesimo, prise de Saint-Jean de Bagnasco et des redoutes de Montésino.- 2*7 Reprise et deuxième bataille de Dégo. .28

ARairerd^ Saint-Mlchel. : . 29

AUTOGRAPHES. 167

floréal.

Bataille de Mondovi. . 3

Prise de Fossano et Cherano. 6

Passage du Pô. i8

Combat de Torubio. 19

Combat de Lodagno et prise de Casai. 20

Bataille de Lodi. 2 r

Prise de Pirzighettone et Crémone. 22

prairial.

Attaque de Binasco par les paysans. 6

Prise de Pavie. 7

Passage de Minico à Borghetto; passage de Valeggio. 1 1

Prise de Pescbiéra. ' 1 1

Attaque et prise du faubourg de Mantoue. 1 6

messidor..

Entrée dans Livourne. 9

Reddition du château de Milan. 1 1

Combat de S^^-Corona. 1 7

Attaque de Lugo. 18

Sortie de la garnison de Mantoue par Cereza. 28

Ouverture de la tranchée, Siège. 3 o

thermidor.

Prise de la Corona et de Montébello. 9

Prise de Rivoli; retraite de Masséna au Piovésano. 10

Évacuation de toute la ligne de l’Adige. 1 1

Prise fde Salo par les Autrichiens. Id.

PliCES

thermidor.

Levée du siège de Mantoiie. i l

Prise de Brescia. id.

Premier combat de Lorralo. i3

Second combat de Sal6. id.

Reprise de Brescia.

Bataille de Lorrato et Castiglerio , Desezeno et Salo. — Saint-Hilaire reprend Salo et se poste devant l’ennemi. i5

Affaire de Casai Ruggiézo. i6

Reddition de quatre mille hommes, sous Lorrato, après qu’ils furent battus le matin par Saint-Hilaire et Rampon.

Bataille de Solficino. iB

Combat de Saint-Ozetto et Nove. iS

Canonnement de Boi^hetto ; combat de Peschiera. iq

Prise de Vérone. ao

Attaque de plusieurs postes , entrée de Mantoue. a3

Reprise de la Coronal

Attaque de la Roque. a5

fructidor.

Prise de Governolo et Borçoforte. n

Bataille de Peravello-Calliano, Pietro Mori. 1 8 Prise de Trente. jq

Combat de Pinnolano.

Aii’ToGRAi»in*:s.

fructidor.

Bataille de Bassano. ^ .

Attaque de Vérone.

Bataille de Cérea.

Combat de Castellare.

Bataille de Mantoue.

vendémiaire.

Sortie par Governolo.

Sortie par la citadelle.

brumaire.

Troisième sortie.

Attaque de Saint-Michel.

Évacuation de Lavis et de Trente, la nuit

du i3 au

Bataille de Calliano.

Combat de la Brenta.

id.

Bataille de la Brenta.

Attaque de Saint-Michel-Saint-Jacques.

ar ^

Bataille de Caldéro.

aa

Bataille d’Arcole.

Bataille de Rivoli.

Combat de Caldéro.

fnmaire.

Reprise de Rivoli.

Escarmouche de Vicence.

Sortie de Mantoue.

Canonnade d’Albarédo.

uivosp.

Combat de Bévilaqua.

ai

Combat de St.-Michel.

Fausse attaque de nuit sur Vérone. a 3

Combat de Caldéro , combat d’fzon2îo. 24 Passage de l’Adige. 4/.

Bataille de Rivoli. aS

Combat d*Ânghiari. U,

Deuxième bataille de Rivoli. a6

Combat de St.-Geoi^e. id.

Bataille de la Favorite.

îpluviose.

Combat de Lavis. 8

Combat de Torbole et de Mozambano. 10

Combat de Lavis par Vial et Joubert.

TRitOie.

Passage de la Piave.

Attaque de Sacile. aj

Passage de Tagliamento. ^6

Combat de Gémona. 27

Combat de Gradi^; 29

gerroio»).

Escarmouche de Tarvis. 2

Prise de la Chiusa autrichienne. 3

Affaire de Tarvis. 3

Prise de Trieste.

Combat de Clagenfurt. 9

Prise de la Chiusa vénitienne. i 3

Combat de Fressach. i3

Affaire d’Hundemarch.

Prise de Judemboui^. i5

Prise de Gratz.

AUTbGRÀPHES.

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