‹ J. SulkowskiChapitre 78 sur 88 · FRAGMENT · texte numérisé non relu

FRAGMENT

DE l’eXORDE d’un ÉCRIT PROJETÉ , MAIS îfON TERMINÉ. (18 fructidor. )

Quand les vociférations de la sottise représentent Topinion publique , quand les tristes accents de ces êtres éphémèi*es auxquels leurs- passions voilent le passé et le présent , étouffent ce cri de la raison, ce cri de rhomme qui réclame sa liberté,* alors les Républicains français peuvent demander avec effroi s’il existe une République française.

Ils la cherchent dans ses institutions, elles sont Violées ! dans des lois, elles sont foulées aux pieds ! Dans ses représentans , leur majorité aspire à porter des fers ! Uninstant après, ces Républicains se fixent mutuellement , se serrent, et la liberté aussitôt accourt partager leurs étreintes ; elle exalte leur courage, elle double leurs moyens, elle anime leurs accents , et ils se prononcent !

A l’aspect de cet enthousiasme ravissant, j’ose joindre ma voix à celle de mes frères d’armes...;.

.. prlc£S

Essai commencé sur les rapports de l’armée

d’iTALIE avec la FRANCE, LORS DES ADRESSES.

( i8 fructidor. )

Dans l’instant où cent mille guerriers se prononcent, où chacun d’eux jette un regard inquiet sur l’intérieur de la République, je crois devoir joindre ma voix à celle de mes frères d’armes. L’homme libre motive ses actions ! L’instinct irraisonné que suit l’impulsion des masses, est l’attribut de l’ignorance ou de l’esclavage : d’ailleurs, de nouveaux rapports s’établissent entre les citoyens et l’armée , et tout ce qui peut répandre le moindre jour sur un sujet aussi intéressant , devient utile.

La proclamation du Général en chef et les adresses de l’armée d’Italie forment un événement inconnu jusqu’à nos temps, et l’histoire ne peut

nous fournir à cet égard des points de comparai- $

son exacts. On ne doit assimiler une démarche aussi décisive, ni à la fureur des soldats de Sylla qui demandent des proscriptions, ni à l’obéissance aveugle des légions qui suivirent César : notre motif est plus pur, plus éclairé ! Pour développer cette assertion, il faut que je jette un coupd’œil sur la formation dè cette armée, sur cette réunion i*are de Fénergie, de l’amour de l’ordre, et du Républicanisme.

Cette armée n’est point un nombre considérable d’hommes extraits sans choix des provinces

AUTOGRAPHES

limitrophes de Tltalie; plus de quarante départe-

mens y ont concentré leurs guerriers ; on y voit

rhabitant du midi, comme celui de l’intérieur, le

Basque et le Savoyard, le montagnard desCévennes

à côté de l’homme né sur les rives de l’Océan ; ils

sont l’élite de sept armées.Tous ceuxqu’alTaiblit la

crainte , le dégoût ou l’insouciance, ont fui loin

de ses rangs; mais aussi ceux qui se réunirent sous

ses drapeaux, sont le signe représentatif de l’éner^ gie qui animait la grande moitié de la France. Un tel choix produisit des résultats étonnans; et ces hommes, sans obtenir la paix, fixèrent la victoire par des faits qui. surprendront la postérité, et qui demandaient une volonté suivie. Ces memes hommes aujourd’hui s’irritent en se voyant à la veille d’élre privés du but pour lequel ils ont combattu.

C’est la’partie agissante de la nation française qui demande compte à la partie inerte des atteintes qu’elle a laissé porter aux lois, d’où devait dériver leur bonheur mutuel.

Il serait superflu d’en revenir aux premiers élémens de l’ordre de choses qui s’est établi en France ; de discuter si l’homme qui acquiert une latitude immense pour déployer ses facultés , est plus heureux que celui dont les mouvemens së compassent d’après la volonté du souverain ; je ne baserai mes raisonnemens que sur des faits. .

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