DESCRIPTION
DE LA ROUTE DU CAIRE A SsALEHHIÉH-, PAR LE CITOYEN SÜLKOWSKI.
Au Caire , le i6 fructidor an vi.
L’Egypte est le pays de l’Afrique qui a le plus fixé l’attention du monde littéraire. Une foule de voyageurs y est allée chercher les vestiges de son ancienne splendeur; un peuple malheureux et barbare s’est constamment opposé à leurs recherches : les fouilles devinrent impossibles à l’antiquaire; le naturaliste craignait de parcourir les campagnes ; le géographe n’osait se servir de ses instrumens : aussi l’œil curieux de l’Européen n’a-t-il fait qu’effleurer les bords du Nil, et au-delà de ses rives nous ne connaissons presque rien.
Mais la conquête de l’Egypte ouvre aux lettres un champ nouveau : toutes les notions sur cette contrée intéressante vont s’agrandir successivement; il suffira même de l’esprit investigateur qui nous électrise, et surtout du besoin, pour indiquer le chemin des découvertes aux diverses branches des sciences. Or, celle qui, la première, peut s’enrichir de nos tiavaux, est la géographie : conquérir, c’est parcourir et connaître. Les Français ont à peine porté dans de nouveaux climats la terreur de leurs armes, qu’ils se hâtent d’utiliser jusqu’aux apprêts de la victoire , d’en faire
ÀUTOOJlA»£S.
hommage aux arts. Le dessia rapide d^ locàiitéa^ leur rapport avec les mouvemens militaires ser« vira désormais à guider les pas du négociant ! peut-être à étendre l’industrie du laboureur;
La route que trois divisions de l’armée viennent de parcourir, à la poursuite dMbrahym-Bey , était inconnue jusqu’à nos temps. Depuis les Croisades, nul Européen n’a parcouru ces provinces. Ni Pococke, dans ses nombreux voyages, nr Niebuhr, qui déploya tant de constance dans ses; recherches, ni Norden , qui peignit l’Egypte avec tant de détails , n’ont osé y pénétrer. La description de cette étendue de terrain étant donc absolument neuve, elle peut avoir quelque droit à 1» curiosité.
On sort du Caire par la porte de Nassr ( Bâbenuassr (i), la porte de la victoire). Le désert est le
(1) La porte d*Ên-nassr (ou de la Victoire) est une des portes du Caire qui regarde le levant, « Elle était originairement au- <c dessous do, celle qu^on voit aujourd'hui , suivant le Maqryz}r. e Mais lorsque l’erayr t*l-Djyoùch Bedr éd-dyn êl-Djeraâly quitta « la ville d’Acre pour être vezyr d'Egypte , sous le khaîyfat d'âl- « Mostansser btllah, en 4^5 de l'hégyre ( 107a de l'ére vulgaire), « il- bâtit les murailles du Caire , et il changea la place que le « général Djauber avait assignée à cette porte , pour la transférer « où elle est maintenant. Elle sc trouva plus rapprohée du Moss*' « lay el-J'yd, Ily ajouta une espece de chemin couvert {bâchoiirahy « dont une portion subsistait enooré , quand la sœur d él*ülâber 0 Barqoiig fit creuser une citerne, qui est maintenant diîtniite et a remplacée par un chemin .
« On Ut au-dessus de la porte d'Èn-qassr l'inscription suivante te écrite en caractères Voufjques ; JLd ildh illd (tllnh , oué Mohhamctl « reçoUl itllah , A^lyoïtély ûUah siclohdtdUahali^houmd* (Un y a
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