LI S M I I! A CI, ES DE SAINTE LUCY
— Très joli, répondit sa mère en riant, mais je croyais que tous ne vouliez pas me faire de questions?
— J'oubliais! » fit Jack, et il passa à un autre sujet. Il était si heureux qu'il lui semblait avoir des ailes.
La journée se termina par la visite d'Edouard. Jaek lui raconta toutes ses péripéties,
« Jl i n'imaginais guère que vous prendriez si \ivement ma recommandation, lui dit son ami. Je vous demandais seulement d'être bon pour Ilob. »
Edouard ignorait l'influence qu'il avait sur ses camarades, et qui provenait tout simplement de l'exemple qu'il leur donnait.
ce Je ne voulais pas me contenter de parler sans rien faire, lui répondit Jack, Ce n'est pas là votre manière d'agir, et je veux: vous ressembler en tout.
— Vous trouveriez aisément de meilleurs modèles, lui répondit Edouard.
— ■ Pas du tout. Vous nous êtes supérieur à tous. Je ne sais pas a quoi cria tient, niais il semble que vous ayez en vous un soleil intérieur, qui fait du bien à tous ceux qui vous approchent. D'où cela peut-il venir?
— Edouard a un cœur d ur, » interrompit Frank. Édouard qui, à toutes ses qualités Joignait la modestie ;
souffrait de ces éloges si mérités cependant. Il se hâta de changer la conversation.
Le dimanche suivant, Mme M mot entra sans parler dans la chambre des oiseaux et alla s'asseoir au coin du feu. C'était le soir. Il n'y avait là que les trois enfants. Frank lisait attentivement dans un coin; Jack était très occupé à regarder au microscope un œillet blanc. Jane couchée sur le sofa où elle avait passé toutes ses journées
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depuis quatre longs mois, tenait à ]a main un autre œillet rouge non moins beau que celui qu'examinait Jack. Elle en respirait longuement le parfum et parlait à demi-voix pour ne pas troubler la lecture de Frank.
Mine Mi uni regarda attentivement la petite fille. Jane avait pâli et maigri, mais sa ligure avait une expression de douceur qu'elle n'avait jamais eue quand elle se. portait bien. Elle avait changé du tout au tout depuis le jour où nous l'avons vue pour la première fois. Ce n'était plus le petit diable, l'enfant volontaire et entêtée, que nous avons connue alors. Ce n'était pas non plus la petite révoltée qu'elle avait été dans les premiers temps de sa maladie. Elle semblait avoir pris son mal en patience, ne se plaignait jamais, ne pensait qu'à ceux qui l'entouraient, et était bien autrement aimée qu'autrefois.
« Jack, disait-elle, avez- vous vu comme les pétales sont brillants? On dirait du marbre blanc. Ils s'enroulent dans le fond du calice de l'œillet, et ils deviennent roses. C'est là, derrière ce joli rideau, qu'habite toute seule la ju'liie fée verte. Votre mère me l'a montrée ce matin. N'est-ce pas charmant? J'appelle cela la fée verte; mais en réalité, ce n'est, que l'endroit d'où vient le parfum, et où se forment les graines. »
Jane leva les yeux et rencontra le regard de Mme Minot.
« Mauriez-vous parlé, madame? lui demanda-t-elle en lui rendant son sourire.
— Non, ma mignonne, mais je me disais qu'on pourrait faire une très jolie histoire sur votre petite fée qui ne trahit sa présence que par son parfum. Voulezvous que j'essaye de la faire et que je vous la raconte?
— Oh oui! s'écria-t-elle en même temps que Jack.