LU LE VERTE
nottes blanches dans toutes les pommes qu'il pouvait attraper, pour voir si elles élaient mûres, disait-il.
Molly prit son frère par la main, et se disposa à remmener pour l'empêcher de commettre de nouvelles sottises.
« Quelle magnifique journée! dit Merry en se levant aussi pour partir. Nous devrions profiter de ce beau temps pour faire un pique-nique.
— Oh! oui, s'écria Jane. Songez donc que je n T en ai pas encore fait de Tannée! Allons goûter dans File- Verte, voulez-vous ?
• — Allons, dit Frank, mais n'attendons pas trop : la gelée viendra plus vite que nous ne le pensons.
— C'est demain samedi, répondit Molly. Profitons-en.
— Comme cela Edouard sera des nôtres, dit Jack.
— Et Gustave aussi, » ajouta Frank.
Gustave était entré à l'Université quelques semaines auparavant, mais cela ne paraissait pas avoir réalisé tous ses rêves.
Merry poursuivit de sa voix douce :
« Ralph viendra sans doute aussi. 11 est très occupé à finir son buste pour Mme Lennoy, mais il ne voudra pas manquer cette dernière partie de plaisir.
— Eh bien, c est convenu, dit Jack. Nous deux Frank, nous inviterons les messieurs; vous, mesdemoiselles, invitez vos amies. »
Le lendemain à deux heures, tout le monde était réuni
au bord de la rivière, excepté Ralph qui ne pouvait venir que plus tard. On n'avait eu garde d'inviter le maussade Joë, mais Gustave, Edouard et Grif étaient là, ainsi que Mabel, Annette, Juliette et Susy. Il y avait quatre
bateaux y deux grands et deux petits* Le temps était encore plus beau que la veille, La rivière serpentait au milieu des prés et des bois aux feuilles de mille couleurs.
Quelle gaieté! Quel plaisir! Jane avait apporté sa guitare, et Edouard son violon. On fit de la musique, on chanta. On s'arrêta dans les plus jolis endroits pour mieux les admirer: on cueillit des nénuphars, des joncs et des myosotis pour eu faire des bouquets. On s'amusa de toutes les façons.
L'Ile- Verte, ainsi nommée à cause des chênes qui la couronnaient, était le lieu de réunion de la jeunesse dTïarmony, quand il s'agissait d'un pique-nique ou d'une partie de pêche. Lue cor laine petite caverne où l'on pouvait faire du feu, en faisait foi par ses pierres noircies. Nos amis y débarquèrent bientôt. Leur arrivée mit en fuite des écureuils qui faisaient leur provision de glands pour l'hiver et qui ne savaient que penser de cette invasion.
Les petites filles mirent la table sur une roche couverte de mousse; des feuilles servaient de plats et d'assiettes, et même de serviettes. Frank eut mission de faifte le café; Gustave de couper le pain et 1rs gâteaux; Jack et Grif apportèrent du bois pour allumer le feu, et Edouard, comme toujours, fut à la disposition de chacun.
Enfin tous les préparatifs furent terminés. Les jeunes gens commençaient k s'impatienter du retard de Ralph, quand ils aperçurent de loin sa périssoire,
« II va bien vite, dit Jane. Qu'est-il donc arrivé?
— Hien de désagréable évidemment, répondit Merry. Il a l'air trop heureux. »