‹ Jacme I, le conquérant, roi d'après les chroniques et les documents inéditsChapitre 116 sur 183 · AGRICULTURE · texte numérisé non relu

AGRICULTURE

peagers, les leudaires et les autres collecteurs des impôts que nous appelons indirects \

S'il fallait mesurer le chiffre de l'impôt à la richesse du pays qui le paye, la Catalogne, Mayorque, Valence, Montpellier, auraient dû à peu prés seuls alimenter le trésor royal.

Quant à 1* Aragon , auquel l'indépendance tenait lieu de richesse , une agriculture primitive , dont les procédés n'ont presque pas progressé jusqu'à nos jours, l'élève des troupeaux, l'exploitation des salines*, étaient ses principales ressources. Jacme V essaya de les développer autant que le lui permit l'immobilité traditionnelle de ce peuple , immobilité qui n'est pas l'impuissance du mouvement, mais le dédain du mieux et la persuasion que la liberté mérite seule en ce monde des sacrifices et des efforts.

Par les fueros de Huesca, Jacme donne les plus grandes facilités pour le défrichement des terres incultes*; par un privilège de 1218, il établit un juge spécial civil et criminel pour toutes les contestations qui pourront s'élever au sujet des troupeaux *; par une ordonnance de 1265 et par le fuero d'Exea, il réglemente le transport et le commerce du sel *.

* Voy. Privil. de Val., f° i, n** 25 et 26. Il semble résulter d'un passage du document nft 9< . f° xxvui du recueil des Privilèges, que les impôts indirects étaient affermés aux agents chargés de les

3 11 y avait en Aragon un assez grand nombre de mines de sel çemrae, mais les principales des, États de Jacme Ifr étaient à Cardona, en Catalogne.

* Fueros, lit. |, lib. III, de Scaliis et lib. VII, de Expédition infantion.

* Fueros y observance de Aragon, éd. Savall et Penen, Discurso prélim, % 45.

5 Voy. ci-dessus, p. 345 note, et 346.

L'agriculture des pays de la couronne d'Aragon aa XIII' siècle a atteint son plus haut degré de perfectionnement dans le royaume de Valence. C'est aux systèmes de culture importés par les Sarrasins, presque autant qu'à sa fertilité naturelle, que la Huerta élait redevable de cette prospérité. Jacme s'appliqua à la main» tenir par de sages ordonnances *. Les canaux d'irrigation établis par les Arabes furent entretenus avec soin et soumis à une législation spéciale *. Fidèle à son système de libéralité bien entendue, le roi renonça à percevoir les droits de cequiage sur la plupart de ces canaux , appelés cequias dans la langue du pays. Noos trouvons encore à Valence des règlements relatifs anx troupeaux s, à la vente du sel \ à celle du vin \

C'est sur l'industrie et le commerce que se portait surtout la sollicitude d'un prince dont les États devaient leur principale importance à leur position privilégiée Maître d'une grande partie de la côte orientale de l'Espagne, de Montpellier et des Baléares, Jacme voyait la Méditerranée s'ouvrir devant lui. Nous- allons le suivre rapidement dans ses heureuses tentatives pour disputer cette mer aux républiques commerçantes de l'Italie.

Il fallait tout d'abord, pour donner un aliment aucom-

4 Le/ur \, rubr. XXIV du livre IX du code de Valence, et les documents n° 77, f° xxii, et n°90, f* xxvm du recueil des Privilèges contiennent rénuméralion de presque tous les produits de la campagne de Valence.

a Furs, lib. IX, rubr. XXXI; Privil., f° n, n° 8; f<> xi, n° 34; f°xm, n° 38; f° xxm, n° 78.

1 Priv. de Val. , f<> n , n* 9 , et f° ccxxxiv , Priv in extravag., n° 1.

1 Priv., f> xii, n° 36. Les salines de Valence appartenaient au roi.

8 Priv. de Val., f»un,n« 76.

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