COSTUMES DE LA MAR
versée, avaient autorité et juridiction sur l'équipage et les passagers. lis devaient veiller, pendant toute la durée du voyage, aux intérêts communs des divers propriétaires de la cargaison. Ils étaient élus à Montpellier par les consuls de la ville, à Barcelone par les passagers. Leur, création dans la première de ces villes est antérieure à 1246 1 ; dans la seconde, elle parait dater d'une ordonnance rédigée en 1258 par les prud'hommes de la capitale catalane et sanctionnée par le roi.
Cette ordonnance, dontCapmanya publié le texte et la traduction castillane est un des plus anciens documents législatifs concernant la police maritime. Les Constitutions de Catalogne, les Furs, les Privilèges de Valence * renferment à peine quelques dispositions applicables au commerce par mer; mais le plus beau monument de ce genre est, sans contredit, le fameux recueil des Costumes de la mart appelé plus tard Llibre del consolai de la mar.
Cet ouvrage, malgré son importance, malgré l'époque et le lieu de son origine, ne doit pas nous arrêter longtemps, parce qu'il n'est point une œuvre à laquelle le roi dont nous retraçons la vie ait pris une part directe. Les Costumes de la marne sont pas un code, c'est-à-dire un corps de lois sanctionnées et promulguées par un pouvoir constitué ; c'est seulement une compilation sans nom d'auteur des usages acceptés par les divers peuples maritimes.
* Germain , Histoire du commerce de Montpellier, t. Il , p. 85 , note 1 .
a Memorias , l. II, col. dipL, p. 29, ot Codigo de las costumbres marilimas de Barcelona, app., p. 21.
*Voy. entre autres, Furs. lib. I, rubr. V, f. 24;lib. II,rubr.XVI; lib. IX, rubr. XII, f. 7; rubr. XVII; rubr. XX, f. 40; rubr. XXVII; - Privil. de Val., f XIV, n° 46.
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Néanmoins Jacme ne peut être considéré comme tout à fait étranger à ce travail. En montrant à ses sujets les avantages de la codification des lois et des usages, en donnant l'exemple de l'emploi de la langue vulgaire dans les documents ofGciels, en contribuant puissamment à l'extension du commerce de la Catalogne, en posant, dans son ordonnance de 1258, les premières règles de police maritime, il a, sans aucun doute, préparé la rédaction du Llibre de\ consolât, s'il ne l'a conseillée ou ordonnée. Ce n'est pas une coïncidence fortuite qui a fait naître ce recueil dans les pays et sous le règne du rédacteur des codes de Hucsca et de Valence \
Il est une question quise lie intimementau commerce et qui préoccupa souvent au moyen âge les souverains et les peuples: nous voulons parler de la question des monnaies. Plusieurs actes du règne de Jacme Ier se rapportent à la réglementation des valeurs monétaires, parmi lesquelles régnait une confusion très-préjudiciable aux transactions de tout genre. La ricbesse publique, que Muntaner se plait à vanter *, ne consistait certainement pas dans l'abondance des capitaux, presque tous concentrés dans les mains des juifs.
On a pu juger de la rareté du numéraire par l'élévation du taux de l'intérêt. La variété des espèces ayant cours et les modifications qu'elles subissaient trop souvent aggravaient encore les inconvénients nés de cette pénurie.
* Les Costumes de la mar paraissent avoir élé rédigées enlre le» années 42o8 et 1266. Leur lexte primitif est calalan ; elles ont été traduites dans presque toutes les langues de l'Europe. Caprnanyle* a publiées en catalan et en espagnol sous le titre de Codigo de las costumbret maritimas de Barcelona. On peut consulter aussi les Memorias du même auteur, t. I, part. II, p. HO et t. II, aPP p. 79.
' Chap. xxd. xxni et xxix.