‹ Jacme I, le conquérant, roi d'après les chroniques et les documents inéditsChapitre 133 sur 183 · LE COMTÉ DE FOIX · texte numérisé non relu

LE COMTÉ DE FOIX

seigneurs méridionaux ne craignaient pas de s'exposer à une guerre avec le puissant roi de France , dont ils souffraient impatiemment le voisinage et la domination. Un seul fut assez fort pour tenir tête quelque temps à Philippe le Hardi: ce fut Roger-Bernard, comte de Foix, qui se croyait assuré de l'appui du roi d'Aragon, son suzerain , et comptait sur la position inexpugnable de quelquesunes de ses forteresses. Ses calculs furent déjoués, car, d'un côté, Jacme défendit à ses sujets de lui porter secours (1er mars 1272'), et, de l'autre , Philippe, entré en campagne avec une armée capable de conquérir un royaume , attaqua vigoureusement le château de Foix , flt couper les rochers qui s'opposaient à ses opérations , et entama jusqu'à la montagne sur laquelle la forteresse était bâtie. Roger-Bernard, dont les exigences avaient rendu infructueuse une démarche conciliatrice tentée par Jacme *, dut se rendre à discrétion 3.

Cette affaire avait réveillé une difficulté laissée sans solution par le traité de Corbeil : c'était celle de la suzeraineté du roi d'Aragon sur le comté de Foix.

Jacme abandonnait au roi de France le bas pays de Poix; mais il prétendait conserver ses droits sur le haut pays, partie montagneuse du comté4. De Montpellier, où il s'était rendu pour observer les événements et pour

* Archiv. d'Arag., Reg. XVIII, f* 89.

2 Le roi d'Aragon alla trouver le roi de France à l'abbaye de Bolbonne, entre Toulouse et Pamiers.

3 Voy. D. Vaissèle, Uist. de Langticd., liv. XXVII, ctaap. vm, a et xi, tt note 2 du t. IV, éd. in-f°.

4 Les droits du roi d'Aragon en qualité de comte de Barcelone sur une partie au moins du pays de Foix ne paraissent pas douteux. Les archives d'Aragon contiennent plusieurs hommages des comtes de Foix; nous citerons entre autres les n/* 998 et 1 9.i9 des Parchemins de Jacme I,r. Le dernier est daté de 1269.

terminer quelques différends avec Tévéque de Magne- Ione et les habitants de sa seigneurie1, il débattit cette question avec le roi de France* ; cependant il finit par céder, dans l'intérêt de Roger-Bernard, que Philippe retenait prisonnier (février 1273 8 ).

Dans ce voyage au nord des Pyrénées, Jacme était accompagné de Berenguela Àlfonso , qui , arrivée à Narbonne. y mourut le 17 juin 1272 *. Le vieux roi lui-même tombadangcreusement malade, durant son séjour dans sa ville natale, et sa guérison, disent les anciens auteurs,

1 Voy. ci- dessus, p. 473, note 3.

2 Le 25 et le 27 octobre 4272, Jacme écrivit à Gaston de Moncada vicomte de Bearn, à Roger-Bernard, comle de Foix, et à Ramon de Cardona au sujet des châteaux du comté de Foix. Ces lettres existent aux archives d'Aragon :Reg. XXI, f°» 438 cl 439>. t.e 5 novembre de la môme année, il envoya l'évoque de Barcelone, le maltredu Temple el Guillem de Ca>tellnou auprès du roi de France pour la môme affaire. (Arch. d'Arag., Reg. XXI, f- 72.)

J A peu près vers le temp* où le comte de Foix était en guerre avec le roi de France, Gaston de Moncada, vicomte de Béarn, beau-père de Roger-Bernard, guerroyait de son côté contre Édouard, roi d'Angleterre, son suzerain. Les domaines que la maison de Moncada possédait en Gascogne étaient l'occasion de fréquentes dissensions entre le* vicomtes de Béarn et les rois d'Angleterre. Un document des archives d'Aragon (Reg. XIX, f" 88) prouve que Jacme intervint dans ces différends en 4273.

* Les f°* 88 et 89 du Reg. XVIII des archives d'Aragon contiennent une note relative à la mort de Berenguela Alfonso el à l'exécution des clauses de son testament. Elle fit le roi Jacme héritier des domaines qu'elle avait en Galice. On trouve, dans les registres du même dépôt U\cg. XIV, f* 8G, 4 03 et 4 42, et Reg. XXI, f« 45; la mention de diverses donations en faveur de Berenguela el des enfant* qu'elle pourrait avoir du roi. Zurila (Analt-s, lib. III, cap. lxxxu assure, contrairement à M le<lc$(Vidad<! DJaymc, lib.XVI) que plusieurs enfants naquirent de cette union irrégulière. Leur nom cependant n'est mentionné par aucun historien, et it n'en reste pas de trace dans les documents de l'époque. Berenguela fut inhumée dans le monastère des frères mineurs de Narbonne.

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