‹ Jacme I, le conquérant, roi d'après les chroniques et les documents inéditsChapitre 144 sur 183 · ADDITIONS ET CORRECTIONS A LA PREMIÈRE PARTIE · texte numérisé non relu

ADDITIONS ET CORRECTIONS A LA PREMIÈRE PARTIE

I. — Un fâcheux contre-temps nous a empêché d'avoir à noire disposition la Historia de la conquista de Mallorca de D. José- Maria Quadrado au moment où nous rédigions notre premier volume. Nous avions, il est vrai, parcouru cet ouvrage durant notre séjour en Espagne ; mais quelques notes qui ne manquenl pas d'importance nous avaient échappé. M. Quadrado a bien voulu, en nous envoyant son intéressant travail, nous mettre à même d'ajouter quelques éclaircissements à notre récit de la conquête de Mayorque.

Au chapitre II du livre II, nous avons dit , d'après les indications assez vagues des chroniqueurs, que l'armée royale était arrivée devant Mayorque le soir même de la bataille de Portupi , appelée par M. Quadrado bataille de Santa-Ponza. Le savant archiviste mayorquin , cherchant à eclaircir les récits des chroniques par l'examen topographique de la route que suivit l'ar* méc * arrive au résultat suivant :

Mercredi , 12 septembre. Grande bataille ; mort des Moncada ; victoire des chrétiens ; campement au pied des monts de Portupi; diner du roi dans la tente d'Olivier de Termes.

Jeudi 13. On retranche le camp; préparatifs de l'inhumation des Moncada.

Vendredi 14. Funérailles des Moncada; arrivée devant Mayorque.

Au sujet du siège de celte ville , on trouve , aux pages 274 et 276 de l'ouvrage de M. Quadrado, des indications chronologiques qui ont moins d'importance pour nous.

II. — Nous avons dit ( page 282* note 1 ), sur la foi de plusieurs écrivains , que les abarcas étaient des sandales retenues par des bandelettes de laine , et nous avons reproduit (page 283)

ub passage où M. Ituehon traduit ce mot par celui d'espardilles.

Il y a là une erreur que don Fernando Weyler y Lavina nous fournit les moyens de rectifier. Uabarca est un morceau de cuir de bœuf recouvert de son poil, et percé sur les bords de trous par lesquels passent des lanières de cuir. Lorsque le pied, nu ou enveloppé de morceaux de drap, est posé sur cette peau étendue, on serre les lanières, et les bords du cuir se relèvent sur le dos du pied. On se sert encore de celle chaussure à Mayorque et dans l'intérieur de l'Espagne. Les alpargalas ou espartillas sont des sandales do chanvre ou de sparte; les premières sont en usage en Catalogne et dans quelques autres provinces; les secondes , à Iviza et dans le Riff, où M. Weyler nous écrit les avoir vues.

in. — C'est encore au savant auteur de la Historia de las fuerxas militares de Mallorca que nous devons les renseignements suivants au sujet de la Almudaina de la capitale des Baléares.

La Almudaim était une sorte de petite ville dans la grande. Des remparts l'entouraient et en faisaient une espèce de citadelle. Mais, à l'intérieur , il y avait, outre le palais des rois el la grande mosquée devenue la cathédrale, plusieurs rues où demeuraient les principaux de la ville . et ceux que leurs fonctions mettaient en relations fréquentes avec le souverain ou son lieutenant (Voy. aussi Quadrado , Historia de la conquisla de Mallorca, p. 285 , note 129.)

IV. — L'appendice n° 6 delà Bisioria de la conquista de Mallorcm nous donne quelques détails curieux sur la manière dbnt s'est opérée la répartition de l'île conquise. Pour faciliter celte opération, les principaux chefs de la conquête se divisèrent d'abord en deux groupes. Dans l'un se trouvaient le roi, Guillem de Moncada, Ramon Alamany, les héritiers de Guillem de Claramunt , les Templiers , le prévôt de Tarragone et quelques autres ; le second comprenait Nunyo Sanchez , Becenguer de Àger, le comte d'Àmpurias . le vicomte de Béarn, Bernât de Santa-Eugenia, les évêques de Barcelone et de Girone, l'abbé de Sant-Feliu , le sacriste de Barcelone, etc. L'île fut partagée en huit parties dont quatre furent attribuées au premier groupe et quatre au second .

Dans chaque groupe se fit une sous-répartition entre les principaux chefs, lesquels, à leur tour, distribuèrent la part qui leur

était échue aux combattants qu'ils avaient sous leurs ordres. La part réelle du souverain , après la sous-répartition opérée entre les seigneurs qui faisaient avec lui partie du premier groupe, fut à peu près du quart de l'île. Le Libro de repartimiento de Mayorque contient la distribution de cette partie faite par le roi.

Outre la répartition générale des terres , il y eut aussi une distribulion de chevaleries. Ces chevaleries consistaient-elles en terres ou en rentes? C'est ce que l'on ignore. On sait seulement qu'à Mayorque on n'était tenu de fournir qu'un chevalier armé pour cent trente chevaleries. Les navires de Gènes, les hommes de Narbonne, de Marseille et d'un grand nombre de villes ou villages des pays aragonais reçurent des chevaleries.

V. — Il résulte de l'acte par lequel le roi cède la seigneurie de Mayorque à don Pedro de Portugal , en échange du comté d'Urgel , que l'infant portugais pouvait disposer par testament du tiers des terres qui formaient la portion du roi. (Quadrado, Hist. de la conquis ta de Mail., append. n° 5 et p. 445.)

VI. — Nous devons à l'obligeance de D. Valenlin Carderera y Solano, membre des Académies royales d'histoire et des beauxarts, un renseignement qu'il ne sera pas sans intérêt de mentionner ici. Le savant académicien que nous venons de nommer a cherché pendant plus de vingt-cinq ans un portrait de Jacrael" qui pût figurer dans son excellente Iconografia espanola; il n'en a trouvé aucun qui offrit des garanties suffisantes d'authenticité. On doit donc renoncer à l'espoir d'avoir une reproduction exacte des traits du Conquistador. 11 est impossible d'attribuer ce caractère aux miniatures qui ornent quelques vieux manuscrits, et aux gravures sur bois qu'on peut voir en tête de plusieurs ouvrages imprimés à Valence au WIme siècle, tels que la Chronique royale, la Coronica de Benter et YAureum opus regalium privilegiorum.

HOTES

Page 1