‹ Jacme I, le conquérant, roi d'après les chroniques et les documents inéditsChapitre 18 sur 183 · SOULÈVEMENT DU MIDI · texte numérisé non relu

SOULÈVEMENT DU MIDI

Ki le roi n'amoient de rien , Mandèrent au roi d'Engletière Qu'il passast il r'aroit sa tière.

Le roi d'Arragonne en estoit Voellans et bien s'i asentoit*, El li rois de Navarre ausi, El li quens de Toulouse ensi; C estoit auques1 sor la fiance De l'Empereur, mais defliance * N'ot pas mandé à Locys*. »

On sait comment Henri III, cédant aux instances de la comtesse de la Marche, sa mère, passa en France, malgré ses barons , avec un corps de troupes peu nombreux , se mit à la téle des Poitevins et des Gascons et vint se faire battre à Taillebourg et à Saintes (juillet 1242).

Pendant ce temps, une grande partie du Midi se soulevait à la voix de ses seigneurs : Amalric, vicomte de Narbonne; Trencavel de Béziers, les comtes de Foix , deComminges, d'Armagnac, de Rodez, et se rangeait sous l'autorité de Raymond VII, qui avait repris le litre de duc de Narbonne8. Mais, tandis que le comte de Tou-

1 Voulant et bien y consentait a Aussi.

:i Défl, gage do combat.

4 Chron. riméo de Philippe Mouskes, publiée par M. le baron de Heiflemberg, vers 3084 1 à 3ns:»3.

5 Si le sirvente dont nous avons parlé plus bout (page 17 ,note 1; est de Durand de Pernes et non de Bertrand de Itorn, c'est à cette date qu'il faut le placer :

«Guerre rend le vilain courtois, dit le troubadour, et pour cela nie plaît guerre bien faite, et j'aime quand latrOveest rompue entre les sterling et les tournois.

» Sterlings et tournois changeant, prenant, mettant et donnant , nous verrons avant un an, à mon avis, lequel des deux rois est le moins lâche.

» Pourtant le seigneur comte, duc, marquis a bien jeté son gage t. n. 5

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louse poursuivait le cours de ses succès , Hugues de la Marche, vaincu, s'humiliait aux pieds de saint Louis et promettait même de joindre ses armes aux armes françaises pour combattre son allié de la veille. Bientôt celui des conseillers de Raymond qui l'avait le plus vivement poussé à la révolte, le comte de Foix , se détacha de la coalition méridionale et fut suivi dans sa défection par le comte de Rodez. C'est en ce moment que le troubadour Guillem de Montagnagol* s'écriait :

« Il m'est agréable d'entendre les fanfares des trompes des hommes d'armes au milieu du combat, quand les meilleurs archers des deux armées tirent avec adresse et que je vois se confondre les bannières. Alors tressaille le cœur du vassal, si bien que son corps s'enhardit.

» Comte de Toulouse, là où l'on éprouve les puissants,

(de combat), maison dit que Gascons el Anglais le font mettre pour sentinelle.

» Bientôt nous verrons lesquels pourront le mieux >ouflnr la fatigue el le fracas ; nous verrons maint clivai bai et maint gris, et maint heaume et maiule épée, et maint coup frappé fort el ferme, maint bras, mainte tète fracassée, mainte muraille, mainte tour détruite, maint château forcé et conquis.

s Personne ne croil que sans réclamation les Français gardent ce qu'ils ont ravi injustement à maint baron e>iimé. Mais je suis grandement étonné (de la conduite) du seigneur des Aragonais ; car pour leur (faire du) dommage il n'abandonne pas (ses entreprises) et il n'adhère pas ici au traité que propose le comte, duc. marquis.»

Celle dernière phrase prouverait que Jacme n'entra point dans la coalition de t24l, si toutefois c'est à ces événements qu'il faut rapporter la pièce qui précède. (V. Itaynouard, Choix de poésies des Truub., t. IV, p. 263.)

• Ce troubadour est appelé dans les manuscrit* Montagnagoul, Monlagnaçot et Mont;mhagol de Toloza. Munlaner lui donne le nom de Munlcyagol. C'est probablement lui qui figure à plusieurs reprises dans la repaililiou du royaume île Valence sons le nom de G. deMontaynagol. (V. à la lin de volume, Nomenclature des familles des Elatsde Jacme P'.— Voy. aussiMilà,de Jos Trovadores, p. 473et259.)

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