‹ Jacme I, le conquérant, roi d'après les chroniques et les documents inéditsChapitre 2 sur 183 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

État de la Francs méridionale -A de h seigneurie de Montpellier.— Hostilités entre le comte de 7V;'u ;se et le roi d'Aragon. — L'opinion publique dans le Midi. — Wjx. politique des troubadours. — Jacme à Montpellier. — Conspiration a:pn::^e. — Entrevue du roi d'Aragon et des seigneurs méridionaux. — - Corts catalanes, à Girone.

Au moment de la prise de Valence , il n'y avait pas en Europe un souverain dont la gloire militaire pût être comparée à celle de Jacme Y'. Fernand III de Caslille, le seul qui semblât vouloir rivaliser avec son voisin d'Ara, goo , ne comptait en 1238 qu'une conquête importante,

celle fie Cordoue, et c'était peu à côté des expéditions des Baléares et de Valence.

Le Conquistador dut, à plus d'un titre, s'estimer heureux de ses succès , car, sans l'admiration et le respect que son nom inspirait à tous , les événements qui se passaient au nord des Pyrénées au moment même où il gagnait un royaume, auraient pu lui donner des craintes sérieuses pour ses possessions de la France méridionale.

On sait qu'à la suite d'une lutte acharnée entre Raymond VII et Humbertde Beanjeu, « estant dans ces pays de la part du seigneur roi d*i France* » un traité, négocié à Meaux, avait été signé et juré à Paris, devant le grand portail de Notre-Dame, le jeudi saint, 12 avril , de l'an 1229. Depuis que le comte avait souscrit à cette désastreuse capitulation , qui le dépouillait en l'humiliant1,

• Voyez noire tome I, p. 220. note 1.

2 Par ce traité. Iîaymmul, «'«près, s'être engagé à favoriser de tout son pouvoir l'Egli.-e ron.aine, àpoummre l'extinction de l'héiésie tt à prendra la croix contre les Sarrasins d'outre-mer. promet de remetlie sa fille au roi de France, qui la maiiern à un de >c> fivres. Ce dernier héritera, à l'exclu-ion des enfants du comte, du diocèse de Toulouse que le rot consent ù laisser au vaincu, à l'exception de 'a U-rre du maréchal de !.«*vi<. Si la fi. le de Raymond meurt sans poterilé, Toulouse et son diocèse appartiendront au roi de France. L'An'i nois, le Houergue, la pvtiu de l'Albigeois située au i.ord du Tarn et le Quercy, à l'exception de la ville de Cahnrs, sont laissés au comte pour retourner, si cel li-ci meurt sans antres enfants, à a fille, qui aura épouse le f;èredu roi. Tous les autres pays du patrimoine toulousain a la droite du Ithùne reslent au roi de France; ceux quj sont situés à la gauche de ce fiVuve sont cédés à l'Eglise. Itaymond s'oblige, en outre, a delruireles murs et à combler les fosésde Toulouse, à traiter de nihne trente autres de se- villes ou châteaux , en prenant l'engagement de ne jamais construire de forteresse. (Voyez, ce traite au tome I I, Pr., n* 1 8 i de V Histoire de Languedoc, édit in-f\/ «Vais à quel jeu, dit un vieil historien de Provence, b Pape et le Hoy ont-ils gagné do si belles terres que celles que Raimond comte de Toluse leur remet aujourd'huy ? Certes, je suis bien en

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