NAISSANCE DE L INFANT JACME
Bien qu'Alcira fût de la conquête d'Aragon, le roi de Castille désirait ardemment s'en rendre maître: il avait entamé à ce sujet des négociations avec le commandant de la place1; mais, en apprenant que le roi d'Aragon s'avançait, le Maure, saisi de terreur, abandonna la ville. Les habitants se rendirent à Jacme sous la double condition qu'ils conserveraient le libre exercice de leur religion, et que tout captif Sarrasin qui mettrait les pieds sur le sold'Alcira deviendrait libre sans que le roi lui-même put le réclamer. (Juillet 1242) *.
De retour à Valence au mois d'août suivant \ Jacme , après avoir séjourné quelques mois dans cette ville, se dirigea vers les pays d'outre-Pyrénées, où il devait, disent quelques historiens, avoir une entrevue avec le roi de France 4. Il était accompagné dans ce voyage de la reine
« Varraez, arrayaz ou arraz. Le premier de ces noms s'applique plus particulièrement au capitaine d'un navire ; le second, au commandant d'une place frontière.
- Zurita assigne à la prise d'Alcira la date de 1 2i3. Mais cet auteur, d'accord en cela avec tous les historiens, place cet événement environ un an et demi avant le dernier siège de Xativa, et nous prouverons plus bas que ce siège eut lieu en 12H.
3 Le \"i des kalendes de septembre ^18 août; 1212, le roi cédait à révèque de Valence plusieurs dos maisons qu'il possédait dans cette ville en échange d'une somme de 5,000 besans d'argent. Le 3 des kalendes de décembre (29 novembre} de la même année, il donnait un château en fief, selon la coutume de Barcelone, à Pedro Sanz, frère de Jacques Sanz (Archives de la Baylie de Yalence, 4* grand livre des aliénations du patrimoine royal, H 99. — Dingo, f° 336.)
1 Peut être est-ce à ce voyage qu'il faut rapporter les paroles de Muntaner:« Lorsqu'il eut fuit toutes ces conquêtes et misel rétabli le bon ordre partout, il voulut aller visiter les royaumes d'Aragon et de Catalogne, les comtés de Rous.-illon, de Cerdagnc et de Confiant, que son cousin, le comte Nunyo Sanchez , qui était passé à Mayorquc avec lui, lui avait laissés. Il alla aussi visiter Montpellier, visite qu'il avait grand plaisir à faire. Dans tous les lieux où il se rendait, il faisait de grandes processions et rendait grâces au Seigneur, t. u. 6
Yolaode, sa femme, qui, arrivée à Montpellier, mit au monde un fils, le 20 mai 1543.
- En Tan de M e CG e XLUI, la vigilia de Pantacosta, nasquet à Montpellier en Jacme lo bon rey, ■ dit la Chronique romane de cette ville4. Cet enfant fut, en effet, appelé Jacme ou Jacques, comme son père, et ce n'est peut-être pas sans intention que le fils de Marie de Montpellier, désireux de ne point laisser se relâcher les liens qui unissaient sa famille à sa ville natale, voulut qu'un de ses enfants au moins naquit dans la cité des Guillem. Les événements devaient faire de ce fils le successeur de son père dans la seigneurie de Montpellier, le royaume de Mayorque et les Etats de Roussillon.
Quelques jours après la naissance du jeune prince, si l'on en croit dora Vaissète, s'appuyant sur un document cité par Marca 4, le roi d'Aragon se serait rendu au Puyen-Velay, où il aurait rencontré saint Louis de France. Aucun historien contemporain ne parle de cetle entrevue restée, sans doute, à l'état de projet.
qui lavait garanti de tou> les danger». Partout on lui offrait des jeux, des bals, des («Mes, cor chacun sVmpre.sail de l'honorer et de lui plaire. De >on cGlé , il accordail de> faveurs et faisait des présents en si grande quantité que ceux qui les ont reçus ou leurs héritiers en re>senleut encore les k»us effets » (Chron. de Ramon Muntaner,ch. ix.) Le 2> février 121». Jacme se trouvait à Perpignan et faisait don aux Frères prêcheurs de la léproserie de celte ville pour y fonder une maison de leur ordre. (Voy. Marca Hispanka, col. 529.)
1 Chronique romane du Petit Thalamus de Montpellier, adannum I2U.
* On trouve à la colonne 520 de la Marca hispanico, la mention du testament fait le jour des nones de juin * juin) 1243, par Pons, comte (VUrgel, personalier pergens ad evriam venerabilium Régis Francorum et Régi* Aragonum apud sanctam \fariam de Podio. Zu* rita fixecett j entrevue à Tannée 1245, sans indiquer sur quelles bases il appuie l'authenticité du fait et l'exactitude de la date.