‹ Jacme I, le conquérant, roi d'après les chroniques et les documents inéditsChapitre 53 sur 183 · BOURGEOIS) PAYSANS ET SERFS · texte numérisé non relu

BOURGEOIS) PAYSANS ET SERFS

villes de l'Aragon auxquelles ait été concédée une charte communale, La capitale du royaume jouissait sur* tout de privilèges étendus qui mettaient ses habitants sur le mémo rang que les infanzons. Ils avaient, en outre » le libre usage des forêts royales, des pâturages et des eaux qui avoisinaient leur ville. Ils étaient presque partout exempts des droits de leude , et évitaient la prison et la saisie en donnant caution de comparaître en justice. Enfin ils ne pouvaient être cités que devant les juges royaux de leur ville *.

Les vilains se divisent en paysans (pagenses), habitants des bourgs et des villages , et en rustiques spécialement affectés à la culture du sol. On appelle ceux-ci quiftoneros; ils sont soumis pour le lot de la terre (quihon)^ qu'ils cultivent à une redevance en argent ou en nature, nommée, suivant la manière dont elle se perçoit, precaria ou novennaria. Il y a plusieurs catégories de quinoneros la plus infime est celle des villanos de parada , appelés primitivement du nom latin de collaterii, ou collati lendelli 1 à une époque où ils étaient à la merci de leurs maîtres, qui avaient sur eux droit de vie et de mort. Si le sol était partagé entre les fils du seigneur, les collaterii pouvaient être coupés en morceaux pour être divisés entre les enfants de leur maître (inter filios dominorum suorum gladio dividendi *.)

1 Fueros, t. I, lib. VII, de Créât ione militum, fuero de Jean 11; — Observancias, lib. VI, de Conditioneinfantionatus, g 4. — Voy. sur la bourgeoisie d'Aragon les excellentes recherches de Schmidt (Gesçkichte aragonien's, p. 395 et suiv.;.

2 Observancias, lib. VI, de Privilegiis domina? infanlionx, § 9.

3 Observances, lib. VI, de Privilegiis dominx infantionv, §9 ; — Blancas, Rerum aragonensium comment., ap. Hisp. illustr. , p. 7î9. — Scbmidt prétend que les collaUrii étaient les descendants des premiers Sarrasins soumis parles armes chrétiennes.

Mais, à la suite d'une révolte, ces infortunés obtinrent quelque adoucissement à leur condition et changèrent leur nom en celui de vilains de parada *. Plus heureux que les serfs de poursuite français et catalans, mais plus malheureux que les solariegos castillans, ils purent dès lors quitter leur seigneur en lui abandonnant tout ce qu'ils possédaient. Ils étaient obligés de servir de caution à leur maître toutes les fois que celui-ci en avait besoin; mais cette obligation cessait si le seigneur ne les indemsait pas de ce qu'ils avaient été forcés de payer à ce litre*. On prélevait sur eux un impôt personnel en nature, appelé devêria

Tout individu réclamé comme serf doit prouver qu'il est libre par le serment de deux infanzons sur l'Évangile et la croix. Les enfants suivent la condition du père, ils sont nobles si le père est noble , serfs s'il est serf, quelle que soit la condition de la mère; mais si, étant nobles, ils possèdent des terres roturières, ils doivent pour ces terres les redevances et services vils. Le vilain qui épouse une femme noble est libre tant qu'il vit sur les biens de sa femme. Celui qui demeure dans la maison d'un infanzon est dispensé Altosl et de chevauchée, excepté pour les terres qu'il peut tenir du roi4.

A côté , ou plutôt au-dessous du serf, se trouvent le Sarrasin et le Juif. Ils peuvent posséder et passer des contrats, témoigner pour ou contre un chrétien dans les

1 Parada, séjour, demeure- D'après les Observancias {loco citato), ils sont ainsi nommés parce qu'ils ont arrêté Iparaverunt} les conditions avec leurs mailles, a De Parada, id est de Convention* » , dit Blancas, p. 732.

* Fueros l. Il, liv. IV, de Fidejussoribus .

3 Blancas, p. 728 et 729.

1 Fueros, t. I, lin - VII, de Conditions infantionatus et de Proclamantibus in servitutem.

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