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cou t dm es ne permit pas an second de réaliser, la sagesse pratique de Jactnè l'accomplit en Aragon» à Valenoe et même jusqu'à un certain point, en Catalogne. Le Conquistador comprit qu'un code national doit s'assimiler les divers éléments qu'il va puiser dans les législations antérieures, se nourrir en quelque sorte de la substance de ces dernières, se fortifier à leurs dépens, puis se substituer entièrement à elles. Voilà pourquoi le premier » et peut-être le seul, parmi les législateurs du XHF siècle, il proscrit sévèrement le droit romain, les décrétâtes et le droit gothique, non-seulement dans les deux royaumes pour lesquels il a rédigé un code spécial, mais aussi pour la Marche espagnole, où il a fait siennes, en les complétant» les lois de son illustre prédécesseur Ramon Berenguer le Vieux.
Les seules autorités qu'il reconnaisse en dehors dH recueil officiel de chacun de ces pays, sont « lebon sens et l'équité ».
Ce retour vers le droit naturel n'est, pas seulement la proclamation d'une vérité féconde, c'est encore un acte d'habile politique; car les principes romains, que la royauté veut introduire dans les mœurs, y pousseront des racine» d'autant plus profondes que, grâce aux doctrines de l'école, ils se présenteront comme issus de la raison et de la conscience humaines.
Jacme ne laissa subsister à côté de son œuvre que ce qu'il ne pouvait abolir, les- /wro* et les privilèges locaux, législation d'un caractère tout exceptionnel, ne dérogeant au droit commun que dans ses détails, et respectant presque toujours ses bases essentielles.
Nous ne ferons* pas un mente au- Conquistador d'avoir précédé de quelques- années Alfonse X et saint Louis dans la mise en pratique des principes qui dominent le XIlla siècle.
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Les grandes idées qui planent sur cette époque répondent à un certain développement de 1' humanité, à on certain degré de civilisation ; elles naissent spontanément sur divers points de l'Europe ; elles ont pour ap ôtres des législateurs et des jurisconsultes étrangers les uns aux autres : l'évêque anglais Britton et le monarque castillan AlfonseX; Beaumanoir, le bailli de Beauvoisis,etJacmel", le héros de Valence. Il importe peu de savoir quel est celui qui le premier lésa proclamées: elles n'appartiennent pas à un homme, elles appartiennent à leur temps.
La nécessité de fortifier le pouvoir central de façon à en faire le gardien de l'ordre public, le distributeur de la justice, le protecteur des faibles ; l'union de la royauté et du peuple contre les grands propriétaires terriens, ayant à la fois pour moyen et pour but l'affranchissement des personnes et des terres, n'étaient que les effets d'une réaction nécessaire, qui se produisit partout où le régime féodal faisait sentir le poids de ses abus.
Le droit romain, éblouissant l'Europe de l'éclat de ses doctrines rajeunies, parut à beaucoup l'auxiliaire le plu? puissant de la réforme projetée ; d'autres, plus logiques mais plus difficilement compris, parce qu'ils n'invoquaient pas une autorité visible et palpable, cherchèrent leur secoursdansle droit naturel; d'autres enfin combinèrent ce droit abstrait avec les lois impériales. Parmi ces derniers, Jacrae fut celui qui procéda avec le plus d'habileté. Divisant ses Etats en plusieurs groupes afin d'opérer dans des proportions diverses, selon les mœurs de chaque peuple, la fusion du droit national et du droit romain, il arrive, à la faveur des circonstances, à réaliser les parties les plus difficiles du difficile programme posé par son siècle; nous n'en voulons pour exemple que les lois sur la libre circulation des terres à Valence et à Mayorque.