LES PURS , LES PARTTDAS , LES ÉTABLISSEMENTS
Le code de Valence est, dans l'esprit de Jacme Ier, le centre vers lequel, en vertu de l'irrésistible attraction des idées de progrès, doivent converger les diverses législations des Etats de la couronne aragonaise, pour se fondre un jour dans une durable unité.
Mais, dans ces pays, pas plus que dans le reste de l'Europe, le XIII* siècle n'avait pour mission de réaliser l'unité législative; il devaitlui suffire, selon les expressions d'un vieux jurisconsulte, « de rompre la glace et d'ouvrir le chemin *. • Malheureusement les générations qui vinrent après lui perdirent de vue le but qu'il avait marqué. Exagérant les nouveaux principes dans ce qu'ils avaient de dangereux, négligeant d'en développer les conséquences bienfaisantes, elles s'égarèrent dans cette route si brillamment ouverte; aussi n'est-ce pas sans raison que, témoin des abus de Pabsoiutisrae monarchique, un poète valencien s'écriait avec regret :
« Cuant ditxôs fora, ô Jaume, si tornàs Un temps com el teu temps! Ay ! cuant ditxôs Si el mon de vuy, el mon de ton temps fo3; Si el llibre de tas lleys vuy gobernas * ! «
4 « C'est luy qui a rompu la glace et ouvert le chemin », a dit Antoine Loysel, parlant de Philippe deBenumanoir.
2 « Quel bonheur ce serait, ô Jncme, s'il revenait un temps comme ton temps 1 Ah ! quel bonheur, .si le monde d'aujourd'hui était le monde de ton temps, si le livre de te* lois gouvernail aujourd'hui.» — Ces vers servent d'épigraphe à la Historia de la casa reaide Mallorca, du regrettable D. Joaquin-Maria Bover, qui nous a écrit les avoir copiés d'un manuscrit anonyme conservé dans la Bibliothèque de l'Académie royale d'histoire.