AFFAIRES DE NAVARRE
Pour mettre fin à cette guerre de détail qui menaçait dp. se prolonger indéfiniment, Jacme avait dù employer la-rose.- Al Azarch, espérant que la médiation du roi de Castille lui ferait obtenir une trêve d'un an, se laissa persuader par un de ses compagnons, qui le trahissait, de vendre le bié qu'il avait en abondance pour se procurer de l'argent; le roi d'Aragon prévenu refusa la trêve, et le chef maure, dépourvu de vivres, fut réduit promptement à capituler, Il promit de quitter les États aragonais poor n'y plus rentrer; mais il demanda pour un de ses neveux le château de Polou ou Polop, ce qui lui fut accordé. Ainsi se termina, peu de temps après Pâques de Tannée 1253, ce premier soulèvement des Maures de Valence1. Mais presque aussitôt naissait un nouveau motif de discorde entre l'Aragon et la Castille.
Thibault 1er, roi de Navarre et comte de Champagne, auquel Jacme, cédant aux vœux de la nation navarraise* etaux instances du Souverain Pontife3, avait laissé prendre possession de l'héritage de Sanche le Reclus, Thibault !,r mourut à Pampelune le 8 juillet 4253,
La renonciation tacite de Jacme n'avait pu être que provisoire et concernait seulement le comte de Champagne; mais, avec une loyauté dont Alfonse de Castille
» Voyez Chronique de Jacme, chap. ccxxxv à ccxu. — Bernât d'Esclot parle de quelques troubles qui précédèrent la révolte d'Al Azarch. Un nègre nommé Albocor, simple berger rempli de courage, essaya de faire soulever les Sarrasins du royaume de Valence; cette tentative avortée aboutit à quelques actes de brigandage cruellement punis par les habitants d'Alctra. Albocor, fait prisonnier par eux, fut promené dans le royaume et « chacun lui (Il la justice qu'il lui plut , jusqu'à ce qu'il fui mort, et puis on le ûl tirer par tout le pays par des roussins. » (Chronique de Bernai d'Esclot, chap.