‹ Jacme I, le conquérant, roi d'après les chroniques et les documents inéditsChapitre 9 sur 183 · LA VALLÉE DE BAIBEN · texte numérisé non relu

LA VALLÉE DE BAIBEN

croisade contre les Sarrasins , Jacme venait de passer plus d'une année hors de la tente, et, quoique ce temps n'eût pas été consacré au repos, il n'avait pas eu pour les armes aragonaises des résultats qui pussent suffire à contenter le cœur du Conquistador. Aussi la guerre futelle reprise sous la direction du roi. Il ne s'agissait pour le moment que de soumettre quelques gouverneurs de places fortes qui , malgré la cession faite par Ben Zeyan au roi d'Aragon lors de la capitulation de Valence , continuaient la résistance pour leur propre compte, espérant rester indépendants. La petite armée aragonaise commença ses opérations dans la vallée de Bairen , où se trouvaient, outre le château de ce nom, ceux de Villalonga, Borrô, Vilella et Palma.

En ce moment, Ben Zeyan demanda à Jacme une entrevue qui eut lieu à la Ràpiia de Bairen , où l'émir vint débarquer. Là, il offrit à celui qui lui avait enlevé sa capitale de lui céder encore le château d'Alicante en échange d'une somme de cinq mille besants et de la seigneurie de Minorque, qu'il s'engageait à tenir en fief du roi d'Aragon.

Jacme remercia le Sarrasin « du dévouement et de l'affection qu'il lui montrait »; mais, en vertu des traités par lesquels les princes chrétiens de la Péninsule s'étaient partagés éventuellement les pays à conquérir, Alicante était de la conquête de Castille et non de celle d'Aragon, et Jacme , décidé à respecter scrupuleusement ces conventions, dut refuser l'offre de Ben Zeyan.

Cependant, à la suite des négociations suivies avec les atcaydes, ou gouverneurs des châteaux de la vallée de Bairen, on avait obtenu d'eux la promesse de se rendre dès que Bairen, « qui est un bon château * », aurait capi-

1 Chron. de Muntaner, chap. ix.

30 L1VEJ5 U|, CHAPiT*£ 11

tulé ; mais ce fut seulement après de longs pourparlers que Ton parviot à faire consentir le gouverneur de cette dernière place à se rendre dans le délai de sept mois, et à donner comme arrhes une tour isolé* appelée Albarrana, devant laquelle les Sarrasins durent construire des ouvrages de défease. Le roi d'Aragon promit en échange trois chevaux et un vêtement d'écarlate à l'alcayde appelé Abencedrel , un vêtement vert à chacun de ses deux neveux, vingt jovadas 1 de terre pour l'alcayde, ses neveux et leur famille , et des vêtements de laine incarnats pour cinquante hommes.

Malgré ces conventions , ce ne fut pas sans quelque hésitation que, au mois d'août 1240, à l'expiration du délai accordé , le chef sarrasin consentit à livrer la place après un nouveau traité de capitulation.

Vers cette époque, l'infant don Fernand , les chevaliers de Calatrava, Pedro Cornel, Artal de Luna et Rodrigo de Lizaua échouèrent dans une expédition dirigée contre Villena, ville du royaume de Murcie, que, peu de temps après la conquête de Valence , Ramon Folch de Cardona avait attaquée vainement.

Mais le commandeur d'Alcaniz , de l'ordre de Calatrava, revint bientôt avec quelques-uns de ses chevaliers et un corps d'almogavares mettre une troisième fois le siège devant la place qui se déclara enûn prête à capituler, à la condition que le roi lui-même lui en adresserait la sommation. Tel fut le premier pas des Aragonais dans le royaume de Murcie.

Jacme , obligé de retourner en Catalogne et en Aragon, nomma Rodrigo de Lizanason lieutenant dans le royaume

1 La jovada ou yugada, correspond au jugemm de> Romains ; c'est l'étendue de terrain qu'un couple de bœufs peut labourer en un jour.

de Valence. Ce départ parait avoir été motivé par ie mariage projeté entre Yolande , fille du roi d'Aragon , avec l'infant de Castille , Alfonse , fils et héritier présomptif du roi Fernand III. D'après Zuri ta*, cette union aurait été célébrée à Valladolid, au mois de novembre 1246; Miedes* place après la prise de Villena, c'est-à-dire en 1240 , le mariage des deux filles de Jacme, Yolande et Constance, avec les deux fils du roi Fernand de Castille , Alfonse et Manuel.

Dans son testament du 1" janvier 1242, Jacme mentionne, en effet, sa fille « Yolande, femme d'Alfonse, premier né de l'illustre roi Fernand de Castille3»; il nomme aussi Constance, mais sans indiquer qu'elle soit mariée. Il est évident par laque le mariage d'Yolande fut conclu en 1240 ; mais il ne fut célébré qu'en 1246, à cause du jeune âge de la princesse \

Le roi ne tarda pas à revenir à Valence, où, Maures et chrétiens, sans trop s'inquiéter des trêves conclues, continuaient leurs attaques réciproques. Un cousin de Rodrigo de Lizana, Pedro de Alcala, avait pillé et ravagé plusieurs fois la campagne des environs de Xativa, ville importante de l'ancien émirat de Valence, située au sud du Xucar. Dans une de leurs expéditions, Pedro de Alcala et cinq chevaliers de sa compagnie, surpris par

» Anales et Indices ad annum 1246.

« Vida de don Jayme, lib. XIII. Au livre XIV. Miedes parle delà célébration de ce mariage à Valladodid, en 4246. » Voy. Pièces justifie, n' V.

* Yolande devait avoir quatre ans en 4240. Une double erreur typographique nous a fait dire (t. 1, p. 377, note;, au moment où nous racontions les événements de l'année 4238 et quelques pages après avoir parlé du deuxième mariage de Jacme, célébré en 4235, que 1 infante , aînée des enfants issus de celle union, avait environ trois ans en 4237 ; U faut lire: deux ans en 4238.

une sortie de la garnison , avaient été faits prisonniers.

De leur côté, les habitants de Xativa faisaient des incursions sur le territoire chrétien, guidés par un chevalier aragonais, Berenguer de Entenza, qui, après avoir secondé, ainsi que nous l'avons vu, Guillem de Aguilô dans ses attaques contre les Maures soumis des environs de Valence , s'était réfugié à Xativa pour échapper à la justice de son roi et pillait les chrétiens à la téte des troupes musulmanes. L'histoire de la Péninsule à cette époque nous offre malheureusement plus d'un exemple de ces tristes défections.

Jacme , à la prière de Rodrigo de Lizana et de l'archevêque de Tarragone, Pedro de Albalat \ résolut d'aller délivrer Pedro de Alcala et ses cinq compagnons. Il se mit donc en marche sur Xativa avec un petit corps de troupes, et somma le gouverneur de cette ville de lui rendre les captifs en proposant, pour prouver sou désir de respecter la trêve, de faire indemniser les Sarrasins des dommages qui leur avaient été causés.

On a reproché à Jacme l'attaque de Xativa comme une violation du traité conclu avec Ben Zeyan au moment de la capitulation de Valence. La trêve stipulée dans cet acte* ne concernait que les villes de Dénia et de Cullera avec leur territoire; il n'y est fait aucune mention des autres districts de l'ancien émirat de Valence, situés au sud du Xucar , qui, d'ailleurs , s'étaient à peu près tous constitués en États indépendants sous le gouvernement de leurs alcaydes. La trêve que le roi se déclare prêt à

1 Pedro de Albalat était le successeur de Guillem de Montgriu, archevêque élu, qui avait renoncé à la dignité archiépiscopale. (Voyez t. I, p. 363.)

2 Voyez ce traité dans les Pièces justificatives de notre 4" partie , t. I, p. 464.

SIEGE DE XATIVA 35

respecter résultait sans cloute d'un traité particulier conclu avec le gouverneur de Xativa. L'alcayde, mal inspiré, fit répondre qu'il ne pouvait mettre les prisonniers en liberté, parce qu'ils avaient été vendus à un particulier qui demandait pour leur rançon une somme exorbitante.

« Cela nous plut beaucoup lorsqu'il nous le dit, avoue

Jacme car mieux nous convenait le château que

les chevaliers*. »

Le roi avait fait la nuit précédente une reconnaissance dans les environs, et le spectacle qui s'était offert à ses yeux l'avait saisi d'admiration. Du haut d'une colline, son regard avait pu embrasser la plus belle et la plus fertile partie de la belle et fertile huerta, appelée par les Maures le Paradis de V Occident. Cette délicieuse plaine se déroulait au pied de Xativa, la seconde ville du royaume de Valence, bâtie sur le versant d'une montagne du sommet de laquelle une imposante forteresse commandait à tout le pays. « Ce château, dit Muntaner, est un des plus beaux que possède aucun roi; la ville est grande, bonne, riche et entourée de fortes murailles 1 . » « Il n'y a pas au monde, d'après l'opinion de d'Esclot, de château si fort ni si royal. Ce sont deux châteaux sur une montagne, et la montagne est si forte qu'aucun homme ne peut y monter, si ce n'est par un endroit que garderaient vingt hommes à pied contre dix mille, et il est bien clos de fortes murailles et de fortes tours. . . . , et la ville est moult bonne et grande3. »

Dès ce moment, Jacme ne désira qu'un prétexte qui lui permit de se rendre maître de cette riche contrée,

* Chron. de Jacme, chap. ccxm.

a Chron. de Muntaner, trad. de M. Buchon, chap. ix.

* Chron. de d'Esclot, chap. xux.

non-seulement , dit-il , afin de délivrer Pedro de Alcala , mais encore afin de conquérir le château au profit du nom chrétien , et de faire honorer Dieu dans un aussi beau pays4.

Aussi la réponse de l'alcayde de Xativa lui causa-t-elle une joie qu'il ne chercha pas à dissimuler. Lorsque le Sarrasin vit les Aragonais décidés à commencer leurs opérations contre la ville, il voulut revenir sur son refus et proposa de rendre les captifs ; le roi rejeta cette offre, retrancha ses troupes dans une forte position, et, ne pouvant entreprendre un siège en règle à cause du petit nombre d'hommes qu'il avait sous ses ordres , fit ravager la campagne, attaquer les châteaux des environs, détourner les cours d'eau qui alimentaient Xativa, détruire Les moulins qui servaient à l'approvisionner ; si bien que, au bout de quelque temps, la nombreuse population de la ville commença à souffrir de la famine. La garnison, malgré sa supériorité numérique, n'osait attaquer le camp chrétien, protégé par la présence du Conquistador plus encore que par ses retranchements. Une nouvelle démarche de l'alcayde pour obtenir la paix moyennant la restitution des prisonniers fut accueillie par un nouveau refus; enfin Jacme, ayant déclaré qu'il ne cesserait pas les hostilités avant de s'être rendu maître du château Je Xativa ou tout au moins de celui de Castellô , situé dans les environs, le chef maure offrit au roi de lui céder cette dernière place, de le reconnaître pour son seigneur, de s'engager à ne rendre Xativa qu'à lui, et de remettre en liberté Pedro de Alcala et ses compagnons. Ces conditions furent acceptées; l'alcayde, accompagné des principaux de la ville, se rendit au camp; le roi le reçut dans la tente de l'évêque de Valence, où le traité fut

• Chron. de Jacme, cbap. ccxui.

LE 9fH fLT UiS WCOB HOMES 55

conclu et le serment de fidélité prêté par le gouverneur sarrasin *.

Tout autre que le héros aragonais n'eût point osé espérer un pareil résultat d'une expédition entreprise avec des forces insuffisantes ; mais Jacme , gâté par la fortune, n'était pas satisfait; son intention avait d'abord été de se rendre maître de Xaliva et de tout le territoire de cette ville , la crainte de se voir trahi par un de ses ricos homes l'avait seule contraint d'abréger la lutte et de se contenter de la possession de Castellô.

L'aristocratie d'Aragon ressentait profondément le coup que le xoi lui avait porté naguère en acceptant malgré elle, et pour ainsi dire contre elle, la capitulation de Valence. Si elle ne s'était pas révoltée en recevant cette grave atteinte ., c'est que le temps n'était plus où les barons pouvaient faire repentir leur roi enfant de ses velléités d'indépendance; pour le moment, ils avaient dû se soumettre ; mais ils ne parvenaient point à cacher la rancune qui s'amassait dans leur cœur, attendant une circonstance favorable pour faire explosion.

C'est ainsi qu'après la capitulation de Valence ils avaient forcé le roi à nommer, comme répartiteurs des terres conquises, deux prélats et deux ricos homes à la place de deux mesnaderos qu'il avait d'abord désignés * ;

1 D'aprèi Zurita, la reddtion de Castellô aurait eu lieu en l'année 1240. Diago (Anales del Reyno de Valencia, lib. VII, cap. xxxvi) place cet événement en 4241.

9 Ces deux mesnaderos étaient Ximeno Perez de Tarazona, alors trésorier du royaume d'Aragon , et Assalit de Gudal , tous deux « bons et savants en droit » ; sur les instances des ricos homes et des prélats, le roi dut les remplacer par Pedro Fernandez de Azagra, Ximeno de Urrea, l'évêque de Barcelone et celui de Huesca ; mais, comme don Assalit et don Ximeno Perez se plaignaient d'avoir été mis de côté d'une manière humiliante pour eux, «» Nous savons,

c'est ainsi que, quelque temps avant la reddition de Bairen , une mésintelligence, dont on ignore les motifs, était survenue entre le roi et cinq de ses barons, Pedro Fernandez de Azagra, Pedro Cornel, majordome d'Aragon, Artat de Luna, Garcia Romeu et Ximeno de Urrea1, et que, enfin , au siège de Xativa, la colère du rico home Garcia Homeu avait fait craindre un instant pour le succès de l'expédition. Voici le fait qui avait motivé l'irritation de don Garcia :

Le roi , traversant un jour le camp, avait vu un adalid, dans une violente discussion avec un soldat, frapper son adversaire de son épée et prendre la fuite vers la tente de Garcia Homeu. Jacme indigné s'était mis à la poursuite du coupable, l'avait saisi par les cheveux au moment où il posait le pied sur le seuil de la tente, et, le tirant violemment au dehors, l'avait fait conduire en prison.

leur répondit Jacme, que leslerresne suffisent pas pour toutes les donations , et ils (les répartiteurs) seront forcés de renoncer, ne sachant comment faire. » C'est ce qui arriva en effet : les quatre prélats et ricos homes, ne trouvant pas le moyen de concilier les donations excessives faites par le roi avec l'étendue insuffisante des terres à partager, mécontentèrent tout le inonde et furent obligés de donner leur démis>iou. Jacme nomma de nouveau, pour les remplacer, les deux mesnaderos qu'il avait choisis dans le principe. — - Maintenant, dit-il à ces derniers, nous vous montrerons comment vous devez faire la répartition et vous la ferez de la même manière qu'on la fil à Mayorque, car c'est la seule qui puisse être adoptée. Vous diminuerez la jovada de six cahiz, ainsi elle aura le nom de jovadael ne le sera pas, et d'autre pari, tous ceux à qui nous avons trop donné se verront forcés de mesurer de nouveau et au.pont à se conformera la nouvelle valeur que nous donnons à la terre. » Cet expédient mit fin aux difficultés qu'avait fait naître le partage de la conquête et qui menaçaient de dégénérer en troubles sérieux. (Yoy. les chap. cxcin et cxciv de la Chron. de Jacme )

4 L'acie par lequel le roi d'Aragon se réconcilie avec ses rteo* Aomesest daté du 7 des kalendes d'août {26 juillet) 1240. H est conservé aux archives d'Aragon, parchemins de Jacme l#r, n#807.

DON GARCIA ROMEU 37

Or, en vertu des fueros, la demeure d'un chevalier était lieu d'asile; il est vrai que la tente occupée par don Garcia appartenait au roi, à qui elle avait été envoyée par le sultan d'Egypte, et qui l'avait prêtée à son rico home1; malgré cette circonstance, malgré les faveurs qu'il avait reçues « en honneurs et argent » , le fier baron n'était pas homme a laisser échapper une occasion de tenir tête à son souverain, et il envoya sur-le-champ deux de ses chevaliers signifier à Jacme qu'il se quittait * de lui. En vain le roi lui reprocha-t-il de compromettre le succès d'une expédition aussi importante que celle de Xativa en cherchant des prétextes de discorde, don Garcia fut inflexible et abandonna le camp chrétien avec les cent chevaliers qu'il avait amenés à sa suite. Sur ces entrefaites, des sarrasins de Xativa firent dire au roi que Garcia Romeu avait l'intention de passer de leur côté et de défendre la ville contre son suzerain. « Nous donnâmes à entendre, dit le chroniqueur, que nous regardions cela comme chose de peu d'importance et que c'était la même chose pour nous que don Garcia allât dans la ville ou restât dehors. » Ce fut néanmoins à partir de ce moment que les agents du roi amenèrent avec adresse l'alcayde de Xativa à proposer le traité qui fut accepté. Pour l'honneur de don Garcia , rien ne prouve que le rico home eut réellement la pensée de trahir son souverain et sa

* « D'ailleurs, dit Miedes, un camp ne doit pas Être considéré comme une réunion d'habitations appartenant à divers individus, mais bien comme la demeure seule du général, sous los ordres duquel tous les autres combattent et à qui ils doivent obéir.» (L. XIII.) C'est le développement de ces paroles de la chronique royale : o Ce lieu n'était pas la demeure de don Garcia Romeu, mais bien une tente. » (Chap. ccxit.)

3 Voyez ce que nous avons dit du droit de desnaturalizadon, t.I,p rjTet 278.

3& LITRB m, CRAPITRSn

foi ; ce qu'il y a de certain , c'est qu'il ne tarda pas à se réconcilier avec le roi , et que son ûls , appelé Garcia comme lui, fut marié par Jacme , qui voulait s'attacher cette famille, à Teresa Perez, fille naturelle de l'infant Pierre1.

Le roi, qui avait subjugué les armées sarrasines, essayait vainement de tous les moyens pour réduire à l'inaction , par la persuasion ou par la force , cette caste redoutable des ricos homes, qui élevait sans cesse des obstacles sous ses pas pour entraver sa marche de conquérant et de réformateur.

Tantôt il cherchait à les rallier à sa politique en leur prodiguant les richesses et les honneurs que les barons acceptaient comme des faveurs dues à leur position , sans se croire liés par la reconnaissance, puisqu'il était de leur devoir de défendre la nation contre la royauté. D'autres fois Jacme tentait d'amoindrir leur influence, de les éloigner de ses conseils, de s'appuyer sur les mesnaderos, les chevaliers , les légistes, mais les fueros l'obligeaient à garder auprès de lui ces dangereux surveillants, à les consulter dans les affaires de haute importance, à laisser se concentrer dans leurs mains la puissance territoriale et militaire. Qu'il essayât de les flatter ou de les combattre, les douze ricos homes* étaient toujours là, impassibles et menaçants, s'appuyant sur les fueros et sur leur épée , et suivis de la foule de pré-

* Ce Garcia Romeu mourut sans enfants ; Teresa Perez , sa veuve, hérita de ses domaines et épousa en secondes noces Arial de Alagon.

2 Nous avons nommé (t. 1, p. 436) les neuf maisons dont les chefs, avec ceux de deux branches cadettes des Luna et de la deuxième branche des Urrea, constituaient la classe des douze ricoà homes de naturaleza. (Voyez Ulancas , Herum aragonensiv/m comment.)

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