‹ Jacme I, le conquérant, roi d'après les chroniques et les documents inéditsChapitre 94 sur 183 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

Rapports de Jacmeavec le clergé et le Saint-Siège. — Vie privée du Conquistador. — Ses bâtards : Fernand Sanchez de Castro, Pedro Fernande? de Hijar. — Ses maîtresses : Blanca de Antilion , Berenguela Feroendez. — Ses femmes morganatiques : Guillerma de Cabrera , Teresa Gil jde Vidaure. -r- Berenguela Alfonso. — Confession du roi. r*- Reproches jdw Pape. — Conquête du royaume q> Murcie. — Les infants perre et jacme. -r Lettre de Clément IV.

Pendant la querelle du roi et des riefl* hçmes , de sé<» rieuses djffiçujtés s'étaient élevées entre le S^int-SWge et la couronpe d'Aragon.

Fils respectueux de l'Eglise et fils reconnaissant, Jacme ne croyait pas cependant que sa gratitude dut aller jus* qu'à compromettre par une aveugle condescendance les intérêts (jpqt un souverain doit compte à Dieu et à ses peuples. Qn $ beaucoup parlé des empiétements de la cour de Rome ; le moment 014 nous traçons ces lignes serait mal choisi pour reyenirsurce sujet ; mais, à toutes les époques, l'histoire impartiale applaudira aux efforts des Papes pour établir, même au prix d'une centralisation cléricale, Tordre moral et matériel dans le chaos du moyenàge, elle applaudira aussi à la résistance opposée par quelques grands princes à des abus partis $QUYçnt du

clergé local, quelquefois de Rome, rarement du trône même du Souverain Pontife. Jacme fut de ces princes. Toujours préoccupé de vivre en bon accord avec le Saint- Siège, il évite cependant de reconnaître en termes formels lasuzeraineté temporelle du Pape sur le royaume d'Aragon. Une seule fois, il paraît l'avoir nettement admise ; mais il s'agissait de s'abriter derrière le double pouvoir de ce suzerain pour révoquer, en toute sûreté de conscience, les aliénations du domaine royal trop libéralement consenties parle prodigue Pierre II *.

Dans toutes les autres circonstances, Jacme sait habilement invoquer les services qu'il rend à la foi , pour se dispenser des tributs envers l'Eglise.

Au moment départir pour la conquête de Mayorque, il avait voulu, lui aussi, recevoir la couronne des mains du Souverain Pontife. Il avait envoyé à cet effet le catalan Joan Bochados auprès de Grégoire IX , se gardant bien toutefois de rappeler les engagements contractés par Pierre le Catholique en pareille circonstance. Le Pape s'était excusé en termes très-affectueux de ne pouvoir souscrire au désir du roi d'Aragon, et avait renvoyé à des temps plus calmes cette cérémonie, que les troubles du moment, disait-il, ne lui permettaient pas d'accomplir*.

Les lettres des Souverains Pontifes à Jacme, celles même qui contiennent le blâme le plus sévère de sa conduite, témoignent de l'affection toute particulière des Papes pour cet infatigable guerroyeur de Sarrasins.

Le provençal Gui Foulques , élevé au trône pontifical sous le nom de Clément IV , ne se départit point de la

1 La bulle de Grégoire IX qui révoque ces aliénations est rapportée par Raynaldi dans ses Annales eccles., ad ami. 4237, n* 26.

* Voy. Gregor. Papa IX, lib. III, ep. 9, et Raynaldi, AnnaUt eccles., ad ann. 4229, n°* 48et49.

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