LES FONTS DE SAN GIOVANNI A SIENNE
LE TOMBEAU D’ANTONIO GALEAZZO BENTIVOGLIO A BOLOGNE. LA VIERGE DU LOUVRE.
ENDANT les années ot il était occupé a la porte de ee 1 San Petronio, Jacopo della Quercia exécuta a A Bologne et 4 Sienne d'autres travaux, dont certains sont de premiére importance. Les fonts de San Giovanni, notamment, sont l’un de ses chefs-
d’ceuvre.
Nous avons vu qu'ils lui furent commandés en 1417. En 1425, rien n’était encore exécuté, sauf le plan général. Jacopo dut restituer A cette époque un acompte qu'il avait regu en 1419. Ce nest qu’en 1430, aprés de nombreuses réclamations, que Jacopo ter-
mina enfin cet ouvrage.
I] semble bien que l’on puisse lui en attribuer toute la composition. A la base, une vasque de marbre, de forme hexagonale, est revétue de bas-reliefs de bronze, avec des statuettes de bronze placées aux angles, dans des niches. La fabrique du Déme demanda ces bas-reliefs 4 Jacopo lui-méme, 4 Donatello, 4 Ghiberti et un artiste siennois, Turino di Sano, qui fait assez pauvre figure aux cétés de ses grands concurrents. Du centre de la vasque, porté sur un faisceau de colonnes, un tabernacle de marbre s éléve, hexagone également; il est orné de cinq bas-reliefs de marbre, représentant des prophétes en pied, qui sont tous de la main de Jacopo; la porte du tabernacle est de bronze sculpté et doré. De petits anges de bronze dansent sur la corniche. Au sommet, le Rédempteur, de marbre, est l’ceuvre de Jacopo.
La ligne générale, qui est plutét sévére, s’adoucit par la grace et le charme du détail. Des mosaiques sur les contremarches, deux minces bandes d’émail bleu encerclant la vasque, l’union du marbre et du bronze donnent un effet de polychromie a la fois vigoureux et délicat. Les motifs décoratifs appartiennent presque uniquement au style de la Renaissance. Les fonts de San Giovanni sont une des piéces les plus caractéristiques du Quattrocento. Distinction de pensée, réserve aristocratique, fraicheur juvénile et, en méme temps, décision, accent, nervosité, maitrise : Jacopo a su préparer a ses rivaux florentins un cadre digne de leurs bronzes! Nous voudrions pouvoir citer les noms des fabriciens du Déme qui surent choisir Donatello, Ghiberti et Jacopo della Quercia pour orner leur baptistére d’une ceuvre parfaite.
Nous connaissons désormais la maniére de Jacopo et il n’y a plus grand’chose a en dire. Si les cing bas-reliefs des Prophétes ne sont pas d’égale valeur, il faut noter cependant que leur exécution est hors pair. Jamais peut-étre Jacopo n’a donné autant de soin a la facture. Sa vigueur, son assurance, sa souplesse sont une joie