SCÈNE IX
JACQUELINE, BORSELLE.
Borselle, pendant que Jacqueline accompagne le Comte et la Comtesse ^âle son chaperon , se débarrasse de sa flamme, et vient se placer derrière Jacqueline , tenant la tête baissée et les bras croisés sur la poitrine.
JACQUELINE, se retournant.
Ah! quel est cet homme?... Que voulez-vous ?
Borselle lève la tète.
Lui ! c'est lui !
BORSELLE.
Moi , parmi vos ennemis.
Oui ! je me rappelle... je vous ai excité à me haïr !
BORSELLE.
La haine ! vous l'avez pu croire? Dans mon cœur il n'y a qu'un sentiment, dans ma tête qu'une pensée... — Mais c'est vrai , que ma vie est mystérieuse et impénétrable !
JACQUELINE , sans le regarder.
Vous avez donc consommé ma ruine!
BORSELLE.
Je vous ai sauvée. Tant que je serai ici , pas un homme dans cette foule n'aura l'audace de braver ma défense et de franchir cette porte... Si je reparais à vos yeiLx , c'est que
les temps sont venus , c'est que ce qui devait se faire s'est accompli... Les jours ont été changeans et mauvais pour vous... Moi, j'ai marché dans ma voie, et j'ai poursuivi mon idée!
JACQUELINE, Qui donc êtes-vous?
BORSELLE.
Est-ce le soin de vous venger qui vous inspire le désir de me connaître?
Quels que puissent être vos torts, je vous ai béni tout à l'heure.
BORSELLE.
Eh bien ! encore un mot ! — Dites : si ma destinée, quand vous la connaîtrez, vient à vous faire pitié, n'aurez-vous pas la franchise de me regarder, du moins, afin que je puisse lire ma condamnation dans vos yeux?
JACQUELINE, se retournant vers lui.
Si je veux vous entendre.... n'est-ce pas que je désire vous pardonner ?
BORSELLE, saisissant la main de Jacqueline avec respect.
Madame !
Oui ! car depuis trop long-temps tout en vous excite ma curiosité. — Le calme règne au-dehors...
Montrant le portrait.
Là une voie de salut , qui s'ouvre par vos soins....
Montrant au fond.
Dans celte galerie vos compagnons qui veillent sur nous. — Eh bien! venez... je veux vous connaître... vous que j'ai