ACTE V, SCENE V
Qu'est-ce donc?...
Ils s'approchent tous.
PELOU.
Ecoutez bien... faites silence... Distinguez-vous?
BORSELLE.
Ce n'est point un combat...
LAURENT
Ce sont des coups mesurés... des coups de marteau.
JEAN NOLLE.
Sur mon ame! c'est un bruit sinistre...
Rumeur des conjurés, qui témoignent une rive inquiétude. PELOU.
Ne le devinez-vous pas ?
BORSELLE.
Achevez...
PELOU.
C'est l'échafaud.
Mouvement d'horreur.
BORSELLE.
Par le ciel ! si c'est l'échafaud qu'on dresse, enfans ! nous devons nous réjouir. Nous sommes sauvés si nous revoyons le jour ! ! !
JEAN NOLLE, LAURENT , jo^wsietirs autres.
Comment cela ? Que voulez— vous dire ?
Ce qui est à craindre pour nous , c'est d'être abandonnés ici pour y mourir sans bruit et sans éclat! Ici l'on peut répandre tout le sang de nos veines sans qu'il en transpire
une goutte au dehors! — Mais les bourgeois sont là, qui attendent , qui s'émeuvent et s'apprêtent... La conspiration vit par tout le corps , et nous sommes la tête !
LAURENT
On vient !
BORSELLE.
Dieu le veut ! — Maintenant , que l'on nous conduise devant les juges, et nous saurons gagner le temps dont nous avons besoin. — Les choses se sont dérangées , il faut les refaire. Nous, restons les mêmes! — Une faiblesse peut nous perdre , la constance doit nous sauver !
Un des bedeaux ouvre la porte grillée et fait entrer le capitaine et les hommes d'armes, Le second caveau est plein d'hommes armés .