‹ Jacques Amyot, traducteur des Vies paralleles de PlutarqueChapitre 6 sur 164 · LES MANUSCRITS DE DÉDICACE (1542-1546J · texte numérisé non relu

LES MANUSCRITS DE DÉDICACE (1542-1546J

La première édition des Vies de Plutarque traduites par Amvot parut en 1559, sous ce titre : Lcs\\ Vies des IjoniiiiesW illustres Grecs cl Ro)}iaius\\ comparées l'une avec l'an j| tre par Plutarque de Chaeronee\\ Translatées de grec en François \\ A Paris |] De l'in'prinwrie de Michel de Vascosan \\ MDLVIIII\\ avec privilège du Rox.

Dans la dédicace intitulée : Au très puissant et très chreslien roy de France Henry deuxième de ce nom, Jacques Aniyot, abbé de Bello~ane son très humble et très obéissant serviteur S., et datée du mois de « Febvrier 1559, en vos Ire Royale Maison de Fontaine-bel l'eau, » le traducteur écrit : « ... Je me suis mis à reveoir ce que de longtemps j'avoye traduit de grec en François des Vies de Plutarque, et à continuer de traduire ce qui m'en restoit. »

Dans l'Epître au même Henri II, en tète de sa traduction de Diodore {\ ^)j^), il s'était exprimé plus clairement à ce sujet en promettant au roi « l'œuvre

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des \'ics de Plutarquc que j'avois commencé, dit-il, dès le temps de l'heureuse mémoire du feu Roy vostre père qui en a veu plusieurs de ma traduction (i). »

Enfin, en 1572, dans la dédicace de sa traduction des Œuvres morales à Charles IX, il rappellera encore ces premiers essais qu'il avait foits « par le commandement du feu ^rand Rov François, » son « premier bienfaicteur ».

C'est même, suivant ses biographes les plus autorisés (2), pour le récompenser de ces traductions, et non pas, comme on le croit souvent, de celle à'Hcliodorc, que François I" lui donna l'abbaye de Bellozane. Si cette version nous prive d'un piquant contraste entre l'auteur prétendu, évêque de Trica, dépossédé de son évêché pour avoir refusé de brûler son roman, et le traducteur recevant une abbaye pour avoir mis en français ce même roman, elle a, en revanche, l'avantage d'être plus contorme aux faits et plus vraisemblable. Nous savons, -en efîet, par les témoignages suffisamment précis que je viens de citer, qu'Amyot avait présenté au roi des traductions manuscrites de Vies de Plutarque, mais rien ne nous

(I) (^"cst peut-«tre à ce travail qu'il faisait allusion dans la préface de son Hiliodoie. qui partit en 1548 (n. st.\ sans nom de traducteur, lorsqu'il écrivait : " J'ay nioy niesmc adoucy le travail d'autres meilleures et plus fructueuses traductions en le traduisant [le roman de Thea>;encs et de Chariclca; par intervalles aux heures extraordinaires. ->

(2 Vie latine, publiée par le P. l^bbe, Bihl. Maituscr.; Vie française, publiée par Fédéric Morel, éd. de 1619 des Via: de Plutarque; Séb. Rouillard, Histoire de Meluii, 1628, p. 607 ; Hilarion de Coste, Le Parfait Ecclésiastique, p. 588; abbé l.ebœuf, Mémoires sur l'histoire civile et ccclésiiistii/ue ii'Auxerre, I, p. 620; cf. A. de Rligniéres, pp. 66-67.

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