‹ Jacques Amyot, traducteur des Vies paralleles de PlutarqueChapitre 7 sur 164 · LES MANUSCRITS DE DEDICACE · texte numérisé non relu

LES MANUSCRITS DE DEDICACE

fait supposer que la traduction de V Histoire Eihiopiqiie, sur le titre de laquelle il ne mit jamais son nom, ait été de même dédiée en manuscrit à François P'. D'autre part, on ne saurait prétendre que celui-ci ait voulu récompenser l'édition de cet ouvrage, si l'on songe que l'achevé d'imprimer est de février 1 547, c'est-à-dire 1548 nouveau style (i), alors que François P'' était mort depuis le 31 mars 1547 nouveau st)'le, et qu'Amyot était abbé de Bellozane depuis le 18 mars de la même année (2).

A ces affirmations d'Amyot et de ses contemporains touchant ces premières traductions de Plutarque antérieures au 31 mars 1547, nous pouvons ajouter un détail que nous fournit Sébastien Rouillard dans son Histoire de Meluii (et, après lui, Hilarion de Coste) ; c'est le nom du copiste d'Amvot: « Maistre

(i) On pourrait au premier abord se demander si cet achevé d'imprimer n'est pas daté en nouveau style, comme M. Chamard (Joacbhn Du Bt-lld\, p. 96-98) a établi qu'était datée la lettre au cardinal Du Bellav, en tête de la Dcffeucc et comme nous montrerons plus loin qu'est datée la dédicace de la première édition des Vies. Mais, — outre qu'un achevé d'imprimer est presque un document officiel, par conséquent plus généralement daté en ancien stvle(pour la Dcffeucc. par exemple, le privilège est daté en ancien style, contrairement à la préface) — nous lisons dans ]c Prccsine du translateur à'HcIiodore : « Celuy qui depuis le tit imprimer [leroman grec] en Allemaigne, il y a quelque quatorze ou quinzeans...» — Or l'édition unique dont parle ici Amyotest celle que Vincent Opsopœus publia à Bàle chez Hervagius en i)54. Si nous adoptions pour la traduction française la date de 1547, '' ^^ serait à peine écoulé treize ans depuis l'apparition de l'édition d'Opsopœus. Le fait qu'Amyot — qui sans doute avait alors celle-ci sous les yeux — écrit " quelque quatorze ou quinze ans >, nous oblige donc à regarder la date de 1547 comme formulée en ancien style et i fixer à l'année 1548 la première édition de la traduction A'HcIiodore.

{2) Et non, comme le dit A. de Bligniéres, en 1546. Cf. Actes de François I", tome V, p. 188, n° 15651 ; et Bibliothèque nationale, ms. français 5127, fol. i$2, v". Registre de Guillaume Bochetel, trésorier du Roi.

Adam Charles, cscripvain dv Paris » (i). Sur cet Adam Charles, nous possédons tort peu de rensei<i;nements. je ne puis apporter ici que deux indications qu'a bien voulu me communiquer M. l:mile Picot.

L\ilbitiii aiiiiconini de J.-J. Von Staai (2) contenait un autographe en lettres d'or de « Adam Charles, maistre escrivain et notaire royal juré en l'Université de Paris, 1567. »

D'autre part, dans VExtrait des Comptes de dépenses de Catherine de Medicis (3) nous lisons la mention suivante: « Novembre 1579. — A Adam CJiarles, maistre escrivain demourant à Paris, la somme de 35 escus pour la pension du petit Majosky, nain de ladicte dame [Catherine de Médicis], pendant les mois de Octobre, Novembre et Décembre 1579, et pour menues parties fournies pour l'entretien dudict Majosky, tant en habillemens, livres, papiers, plumes et ancre que à son régent au collège, la somme de 30 livres t.

« Pour avoir tait une croix garnie de rameaux pour le dimanche de Pasques tieuries 4 livres t. »

On peut s'étonner qu'aucun des érudits ou des historiens qui ont depuis trois siècles parlé d'Amyot n'ait recherché ces traductions manuscrites dont des

(i) Scb. Rouill;)rd, lor. cil., et HiUirion de Coste, Eloge d'Auiyol, \ l.i suite du l'iii /'iiil F.irli'siiisllqiii', 1658, pp. 388-389.

(2) Cet album portait, dans le catalogue de la duchesse de Berry, vente de 1864, le n" 32.

(3) Conservé aux Archives et à la Bibliothèque nationale et publié par Cimber (et Danjou) dans les Archives curieuses de l'Histoire de France, 1" série, tome IX, Paris, 1856, p. 117.

Page 1