‹ Jacques Callot, 1606 à 1637Chapitre 2 sur 3 · FIN DU PREMIER VOLUME · texte numérisé non relu

FIN DU PREMIER VOLUME

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DU PREMIER VOLUMF.

c La demeure de Callot, écrivait en 1766 le père Hussoo, Provincial des Cordeliers , la maison de ses ancêtres était dans la vieille ville, à la Grand' ruef tirante à la rue Neuve, comme le porte le Rôle du 20 avril 1621. ■ Ces mots, que le digue panégyriste de Jacques Callot souligne, auraient dû, ce me semble, écarter toute incertitude au sujet de la véritable demeure de l'illustre graveur. La grande rue était alors, comme aujourd'hui, attenante a la rue Neuve ou place Carrière, la maison du roi d'armes devait donc se trouver non rue de la Monnaie , que Jacques habita peut-être plus tard, mais sur la même ligne que le vieil hôtel de Marque, C'est autorisée par le témoignage cité plus haut, que j'ai cru pouvoir placer le lieu de ma scène sur un point dont je connaissais les localités, et auquel se rattachent mes souvenirs d'enfance.

l'autbur.

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(1) page 12.

Dans le réfectoire du monastère des Cordelière , on aperçoit dans le fond, au côté méridional, une Cène qui en occupe toute la largeur. Elle a été peinte à l'huile sur un mur enduit de chaux et de sable, par le grand Léonard de Vinci, lors de son passage en Lorraine. Ce tableau, que fit faire le duc Antoine, au commencement de son règne, a passé long-temps pour un chef-d'œuvre; mais les différentes mains qui l'ont retouché, pour réparer les défauts occasionnés par le temps ou l'humidité, lui ont ôté de sa plus grande valeur.

Lionnais, HUt. de Nancy.

Dès sa plus tendre jeunesse, il avait donné des marques de l'affection qu'il avait pour le dessin, car lorsqu'il allait aux écoles, il remplissait ses livres de diverses figures, et n'avait pas de plus grand plaisir que d'employer à dessiner, tous les moments qu'il pouvait prendre pour se délasser ou se divertir.

Félibien, Vies des Peintres, article Callot.

(2) page 17.

Claude Callot , dont les ancêtres avaient été attachés aux ducs de Bourgogne, fut anobli par lettres patentes de Charles III, le 30 juillet 1584, après avoir été archer dans ses gardes, pendant vingt-deux ans. Il avait épousé Claude de Fricourt, petite-nièce, par sa mère, de la Pucelle d'Orléans ; son fils Jean, premier héraut d'armes de Lorraine, eut de Renée Brunehault, fille du médecin de la duchesse douairière Christine de Danemarck, entr'autres enfants, Jacques Callot, graveur. L'écu des armes de cette famille porte : d'azur, à cinq étoiles d'or, placées

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en sautoir. Je l'ai vu accompagné de la devise, Scintillant ut astra , qui paraîtrait bien ambitieuse, si elle n'était justifiée parla célébrité de Jacques Callot.

Notes de ('excellent Éloge de Jacques Callot, par M. Des Maretz. Ouvrage couronné par l'académie de Nancy.

(3) page 35.

La cour du palais ducal ayant été jadis le lieu de célébration d'une cérémonie singulière, on nous reprocherait de n'en point parler. Le premier dimanche de carême, les personnes mariées dans l'année allaient faire un petit fagot dans les bois de Haies, l'ornaient de rubans, l'attachaient à leur boutonnière, puis revenaient en ville processionnellement à trois heures après midi, les uns à pied, les autres à cheval, musique en tête. Tous se rendaient au palais, où des fontaines de vin coulaient en abondance; le peuple s'y portait en foule, on dansait, et la cour, rassemblée sur les terrasses ou les balcons, s'amusait à jeter de tous côtés, au milieu des quadrilles, des cornets de papier remplis de beurre, de sel et de pois dépechis ( grillés, épicés). Le soir, les nouveaux mariés faisaient plusieurs fois en dansant le tour de la place Carrière; chacun jetait ensuite son fagot au milieu ; on en faisait un bûcher, et tous les fagots brûlaient au son de la musique pendant que la danse continuait. On appelait cela la procession des Fichenaies ou des petits fagots. Vers sept heures, toute la cour allait à l'Hôtel-de- Ville : un magnifique souper y était préparé aux frais de la municipalité; on mangeait au son de la musique, et le peuple ne cessait de danser autour de la table, tant que durait le repas. Un feu d'artifice suivait le souper ; on allumait ensuite le grand bûcher d'apparat, et l'on tirait au sort, devant le monarque, les Valentins et les Valentines. Proclamés sur

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le balcon de l'Hôtel-de- Ville, leurs noms étaient répétés aussitôt de carrefour en carrefour. Dans la semaine, les Valentins envoyaient à leurs Valentines de riches présents et de beaux bouquets, avec lesquels chacune devait assister à la toilette de la duchesse. Le dimanche suivant, on allumait un feu de paille devant la maison de ceux qui n'avaient point racheté leur Valentine, et cela s'appelait les brûler.

Guide du Voyageur dam Nancy, par M. Bégin.

(4) page 52.

En H78, un nommé Didier Virion ( Lorrain ) ramena de Paris un garçon qui commença à imprimer des vers à la louange de Réné II. Un prêtre, Pierre Jacobi, établit la première presse à Saint-Nicolas, et vers l'an 1518, en sortit le Liber Nanceidos ( la Nancéide ), poème latin de Pierre Blaru , chanoine de Saint-Dié, et dont nous admirons encore aujourd'hui la perfection d'exécution.

Opuscule sur Saint-Nicolas , par Cayon-Liébault de Nancy.

Ce lieu était un bois , au milieu duquel s'éleva une chapelle sous le titre de Notre-Dame , ensuite une métairie, origine du village de Port, que les pèlerins firent connaître, lorsqu'Albert, seigneur lorrain , y eut déposé, vers 1087, quelques reliques de Saint-Nicolas, évéque de Myrrhe , qu'il avait obtenues dans leur translation $e Myrrhe, ruinée par les Turcs, à Bari, daus la Pouille. Le prieur de Varangéville, duquel il dépendait, y établit quelques religieux , fondation du prieuré de Saint-Nicolas, et une première église y fut construite en HOi : bientôt célèbre , la dévotion des peuples se plut à l'enrichir.

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Saint-Nicolas était né & Patare, en Lycie ; il asssîsla au concile de Nicée, montra le plus grand zèle pour la destruction de l'idolâtrie , et mourut fort regretté , vers l'an 326. Ses attributs varient comme ses miracles ; patron des nautonniers qui l'invoquent dans leur détresse , on le dépeint quelquefois avec les emblèmes de la marine; tantôt accompagné d'un seul enfant ou adolescent , en mémoire de la délivrance d'un fils unique, fait esclave, qu'il rendit jour pour jour, un an après sa captivité, à ses parents qui célébraient la fête du pontife. Presque toujours avec trois enfants dans une cuve , ayant aussi, d'après les légendaires , ressuscité trois écoliers qu'un hôtelier avait tués, et qu'il gardait dans un saloir, pour vendre leur chair en guise de viande commune. En France, plusieurs églises étaient sous l'invocation de Saint-Nicolas ; la principale était en Lorraine.

Divers souvenirs se rattachent à ce premier édifice ; déjà au xiii" siècle, on voyait d'énormes chaînes appendues aux piliers , par des défenseurs du nom chrétien , qui , faits captifs dans les guerres contre les Sarrasins , attribuaient leur délivrance aux mérites du saint. En reconnaissance de la siènne , le comte de Richecourt avait fondé une procession solennelle qui se faisait le 5 décembre , à huit heures du soir ; il assista à la première portant ses fers , qu'il laissa ensuite dans l'église.

Les pèlerins qui s'y rendaient en bandes toujours plus nombreuses, à leur retour se réunissaient sous la bannière de Saint-Nicolas : le commerce de ces étendards y devint si considérable, que l'abbé de Gorze , d'où dépendait l'église et le prieuré de Port, s'était réservé le droit de les faire vendre par ses ordres : l'usage de porter de ces enseignes était éteint; mais jusqu'à nos jours, le n rieur ne permettait, de même qu'à certains marchands,

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la vente de cornets de verre et de médailles de Saint- Nicolas, que les curieux y achetaient.

En 1494, furent jetés les fondements de la nouvelle église, achevée en 1544. Comme nous l'avons dit, un simple prieur, Simon Moycet, en entreprit la construction, sollicita des secours, multiplia ses démarches , en vit se terminer les travaux après quarante-neuf ans de persévérance. Six ans après, il mourut, on l'y enterra, et personne depuis n'y eut sa sépulture, au devant de l'autel de Saint-Nicolas. L'on regrette de ne plus trouver aujourd'hui la simple table de marbre qui lui fut érigée, mais sur laquelle au moins ses traits a vaientété reproduits. On ignore le nom de l'architecte, fut-ce Moycet luimême? 11 n'était pas rare de voir alors les prélats, les abbés, versés dans la science et la pratique de l'architecture, se faire gloire de s'en occuper et de déployer leurs talents dans la reconstruction de leurs églises. S'il existe encore des archives à Saint-Nicolas, peut-être trouveraiton d'anciens comptes, d'anciens mémoires pour vérifier cette conjecture. Non seulement toute la Lorraine, mais l'Alsace, la Suisse, contribuèrent à son achèvement. Aussi voyait-on aux vitraux les armoiries de leurs principales villes. Celle de Metz fournit la pierre pour le pavé , qu'on amenait par bateaux; Réné II, outre diverses libéralités, pour faciliter le transport de celle qui fut tirée des carrières de Viterne,en fit paver la route jusqu'à Saint-. Nicolas.

Ayant entendu parler des belles choses que l'on voit en Italie, il lui prit un désir si violent d'y aller, qu'encore qu'il n'eût qu'onze ou douze ans, il résolut de sortir de la maison de son père, sans pourvoir aux moyens de subsister pendant son voyage; il partit secrètement et prit le chemin de Rome.

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Le peu d'argent qu'il avait l'ut bientôt dépensé, de sorte que se voyant réduit à la plus triste extrémité, il s'associa à une troupe de Bohémiens qui allaient aussi en Italie ; et sans penser dans quelle compagnie il se mettait ni aux fatigues du voyage, il alla avec eux jusqu'à Florence.

Félibien, Vies de Peintres.

(5) page 99.

Callot a depuis avoué qu'il était obligé aux grandes grâces que Dieu lui avait faites, de l'avoir préservé des mauvaises compagnies, et de n'avoir pas permis qu'il fût tombé dans des débauches comme il pouvait lui arriver, dans un âge si tendre et si susceptible de mauvaises impressions.

Félibien, Hist. des Peintres.

Aussi, a-t-il souvent dit à ses amis, lorsqu'il leur racontait les aventures de la jeunesse, qu'en ce temps-lâ, il demandait à Dieu dans ses prières, de vouloir le conserver, et de lui faire la grâce d'être toujours homme de bien, le suppliant que quelque profession qu'il embrassât, il y excellât au dessus des autres, et qu'il pùt vivre jusqu'à quarante-trois ans ; ce que Dieu lui accorda en effet.

Félibien, Hist. des Peintres.

(6) page M 5

Arrivé à Florence, il quitta sa compagnie. Un officier du grand-duc l'ayant vu par hasard, l'interrogea sur ce qu'il était, ce qu'il faisait; et comme il avait une physionomie et des manières agréables, il le prit auprès de lui

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et l'envoya dessiner chez un peintre nommé Canta-Gallina, qui était en réputation et s'appliquait à la gravure.

Félibien, Hist. des Peintres.

(7) page 121.

Ce vœu devait s'accomplir, Car dans cette même galerie où les ducs de Florence ont continué à réunir les portraits de tous les artistes célèbres, M. le baron de Haldat, cet amateur si judicieux et si éclairé, a trouvé, en 1827, le portrait de Jacques Callot au nombre de ces célébrités. C'est l'original de celui que possède la ville de Nancy, et qui a servi de type au frontispice de cet ouvrage.

l'auteur.

(8) page 137.

Ce fut après avoir considéré le pavé du dôme de Sienne, grande mosaïque faite par Duccio, qu'il se proposa de ne faire souvent qu'un seul trait pour graver ses figures , grossissant plus ou moins les traits avec l'échoppe, sans se servir de hachures.

Félibien, Hist. des Peintres.

(9) page 145.

A peine était-il arrivé à Rome, qu'il rencontra des marchands de Nancy quile reconnurent, et qui sachant la peine dans laquelle étaient son père et sa mère, à son sujet, le contraignirent de s'en retourner aveçeux, et le ramenèrent à ses parents.

Félibien, Hist. des Peintres.

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(10) page 177.

Étant de retour chez son père, celui-ci le contraignit de reprendre ses éludes, mais comme il n'avait nulle inclination aux lettres, il les quitta de nouveau et retourna en Italie.

En passant à Turin, il eut le déplaisir de voir son voyage encore interrompu, car il y rencontra son frère ainé qui y avait été envoyé pour quelque affaire; celui-ci le ramena encore une fois à Nancy.

Félibien, Hist. des Peintres.

(11) page 187.

Le sépulcre de Jésus-Christ, dans l'église paroissiale de Saint-Mihiel, est l'ouvrage de Ligicr Richier, scuplteur lorrain. C'est un des plus beaux monuments de la province. On raconte qu'un sergent ayant insulté Richier, celui-ci, qui sentait bien sa supériorité, le menaça de le mettre dans une place où Ton se souviendrait toujours de lui. Il le représenta en effet dans le sépulcre, regardant des soldats qui jouent auxdez. Michel-Ange, passant en Lorraine, avait aperçu dans Ricbicr encore enfant» des dispositions si remarquables, qu'il voulut se charger de le former. Il le demanda à ses parents, qui n'eurent pas de peine à le lui accorder : il s'aperçut bientôt que le goût dominant de Richier était pour la sculpture, et il le plaça chez un statuaire.

Note de M. Coster, V Eloge funèbre de Charles III, page 31 .

(12) page 206.

Celte description fort abrégée est extraite du curieux

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ouvrage de Claude Laruelle.imprimé en I609,et intitulé: Cérémonies , honneurs et pompes funèbres, de l'enterrement du duc Charles III. Outre k un texte latin et français de plus de 400 pages, cette relation se compose de 40 planches grand in-folio, où sont représentées dans tous leurs détails, les diverses parties des obsèques ducales, avec la vue des salles d'honneur, l'intérieur des églises où elles ont eu lieu ; ainsi que» les costumes des princes, grands officiers, ministres et autres personnages qui ont assisté au cortège, et figuré dans les diverses cérémonies. On y voit figurer entr'autres : Le sieur Callot, roi d'armes des ducs de Lorraine et de Bar, tel que nos récits l'offrent au lecteur.

l'auteur.

(13) page 213.

Une heureuse circonstance favorise son retour à Rome : le duc de Lorraine députait un de ses gentilshommes vers le pape; Henri II venait de succéder à son père, le grand duc Charles III, et envoyait faire part au souverain pontife, Paul V, de son avènement au trône de Lorraine. Le jeune Callot fut admis à la suite de l'ambassade.

Le P. Husson, Éloge historique de Jacques Callot.

Le héraut d'armes obtint facilement la faveur de faire admettre son fils à la suite de l'ambassade; ainsi le jeune Callot, voyageant enfin d'une manière convenable et sous d'honorables auspices , arriva à Rome, avec tous les moyens de s'y faire accueillir et d'y prospérer.

Eloge historique de Jacques Callot, par M. Des Maretz.

(44) page 237.

Les premiers ouvrages que j'ai examinés, font partie

Digi

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