‹ Jacques Callot, sa vie, son œuvre et ses continuateurs (volume 2)Chapitre 10 sur 53 · JACQUES CAI.I.OT · texte numérisé non relu

JACQUES CAI.I.OT

Mais iiouspoiiri'iuiis signaler aussi comme un modèle (lu genre, presque un chef-d'œuvre si le mot n'était bien gros pour ces choses, une sorte de frise gravée sur bois au temps de Henri II, et représentant les noces incroyables de Lucrèce aux yeux de bœuf. Rien ne se rapproche plus des gobbi de Callot, de ces bossus minables, matamores rachitiques et grimaçants dont on lui fait honneur comme d'une conception originale. Certes il n'a copié ni les uns ni les autres, mais il les a vus chez autrui, et s'est fait une opinion. Il a agrandi la donnée, il la rajeunie et mise à la mode de son temps. Les gobbi n'ont plus le pourpoint court et les brayettes des fantoches invités au mariage de Lucrèce; ils participent à la fois des Bohémiens, des baroni, des déclassés de toute catégorie, drapés dans leurs oripeaux, tirant l'épée, et laissant traîner leurs plumes sur l'épaule. Au fond l'idée de ces caricatures ne lui était pas venue en Lorraine: il avait apporté ses projets de Florence, mais il les consigna sur le cuivre en les mettant au goût spécial de ses compatriotes et de ses contemporains. Par malheur il caressa trop ces excentricités bouffonnes, il eut trop de plaisir à dessiner les gueux et les grotesques; sa manière s'en ressentit souvent plus tard, même dans les sujets plus graves, et la suite de saints qu'il donna ultérieurement est encore une réunion de mendiants lorrains. La réflexion de Mariette, qui «'tablissait un parallèle entre Dassoucy, Scarron et

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